Airbus délocalise: est-ce intelligent ?

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Dans son combat commercial contre Boeing, l’avionneur européen Airbus possède un atout majeur : l’innovation. Chez Boeing, seul le 787 Dreamliner est un appareil de nouvelle génération – et encore, il a subi un grave problème avec ses batteries défaillantes. Le 747–8 et le 777 sont des produits recyclés à partir de vieilles plate-formes. En revanche, l’A 380 et l’A 350 XWB (qui économise 25% de carburant) sont des produits entièrement nouveaux, tout comme le NEO, l’A 320 remotorisé.

Mais…pour conquérir les marchés mondiaux, Airbus se livre à une politique de délocalisation de ses chaines d’assemblage, notamment aux USA (Mobile, Alabama) et en Chine (Tianjin). En revanche, Boeing, bien qu’il confie à l’étranger de gros paquets de sous-traitance – comme les ailes du 787 au Japon – maintient à 100% ses usines de montage aux Etats-Unis, à Everett et Charleston. Le danger de la stratégie d’Airbus, initiée pour la conquête immédiate de parts du marché mondial, c’est qu’elle risque de sacrifier les créations d’emplois en Europe et qu’elle provoque des transferts technologiques qui bénéficieront à de futurs concurrents aux coûts de fabrication moins élevés, comme la Chine. Voilà un bon sujet de réflexion pour les économistes.  

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