Bloc-Notes hebdo 18 JANVIER

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Conférence de presse de M. Hollande

Au cours de la conférence de presse du 14 janvier de François Hollande où il a pris un virage social-démocrate qui relève de la simple communication politicienne et non pas du fond, les thèmes pourtant capitaux de l’immigration et de la sécurité n’ont pas été abordés. En revanche, les journalistes ont interrogé le pathétique président de la République sur ses histoires de fesse, sujet capital s’il en est. Et encore, sur cette question, les journalistes ont montré une timidité étonnante sur un sujet qui s’avère être une affaire d’État avec de nombreuses zones d’ombre. De même, aucune question concernant les rapports à Matignon sur la fin de l’”intégration”. Dans une société malade, non seulement la figure de la souveraineté se débilite mais les questions principales deviennent secondaires ou passent à la trappe. 

Déficit de l’Unedic : on ne fera rien.    

22,1 milliards d’euros, tel est le déficit estimé de l’assurance chômage fin 2014. Patronat et syndicats, qui commencent leur négociation le 17 janvier, ont surtout décidé de ne toucher à rien : ni à la dégressivité trop faible des allocations, ni au régime privilégié scandaleux des 110.000 ”intermittents du spectacle” responsable d’un quart du déficit du régime global, ni au plafond d’indemnisation de 6.300 €, le plus élevé au monde. Toujours la préférence française pour le chômage, et le refus d’observer les leçons de la Grande Bretagne et de l’Allemagne.

Banalisation de l’avortement

Le Haut Conseil sur l’égalité entre les femmes et les hommes a inspiré une loi en préparation pour banaliser et faciliter encore l’avortement. Par deux mesures : d’abord supprimer la mention de « situation de détresse » prévue par la loi Weil de 1975 concernant les femmes désireuses de recourir à l’IVG ; ensuite, étendre le délit  d’ ”entrave à l’information sur l’avortement”. La première disposition, qui ravale l’avortement à un acte médical comparable à une appendicectomie, contribue à dévaloriser la grossesse et dénote une fois de plus le mépris de la féminité de la part de l’idéologie féministe. La seconde disposition témoigne de cette propension atavique de la gauche à la répression de la liberté d’expression quand cette dernière s’oppose à son idéologie. Toujours le soft-totalitarisme en embuscade.

Recettes britanniques

Outre la maîtrise des dépenses de prestations sociales, David Cameron et son grand argentier John Osborne ont compris que les économies et la lutte anti-déficits (préalables à la croissance et à l’emploi) passaient aussi par d’impitoyables tailles dans la fonction publique surnuméraire, nationale ou territoriale. Mesures prises : gel des salaires des fonctionnaires et plus de 400.000 suppressions d’emplois publics, avec l’objectif d’un million d’ici 2017. Effet incompréhensible pour les élites françaises majoritairement ignares en économie et droguées – y compris la droite – aux dogmes socialo-marxistes : ces mesures ont permis plus de créations d’emplois privés que de destructions d’emplois publics improductifs. Le chômage a régressé en dessous de son niveau de 2009 et la croissance est plus du double de celle de la France.

Peut-on imiter les Anglais ?

La Cour des Comptes avait timidement suggéré une baisse infime de 10.000 emplois publics par an. Mais Hollande (qui a continué d’embaucher des fonctionnaires) a renoncé, par clientélisme, au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et déclarait en juin, contre toute réalité économique, que les fonctionnaires « ne sont pas une variable d’ajustement » pour le rétablissement des finances, ce qui est parfaitement faux. Les seuls fonctionnaires supprimés sont les militaires – ils ne font pas grève. Et les nouveaux embauchés le sont dans l’Éducation nationale surpuissante, ce mammouth qui obtient les plus mauvais résultats de presque tous les pays développés.

En trente ans, la fonction publique d’État et surtout la fonction publique territoriale (cette dernière recrutant ”à la grecque”, selon la pratique clientéliste) ont embauché plus d’un million de nouveaux fonctionnaires. (1) Sans empêcher, bien au contraire, une dégradation du saint Service Public. On ne comprend pas, en France qu’un État maigre et fort allié à une société civile libre est nettement plus efficace qu’un pachyderme qui réglemente, entrave et se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Il n’y a pas de ” miracle anglais”, pas plus que de ”miracle allemand”, simplement un dogmatisme français fondé sur le refus du bon sens et le déni de réalité. La vraie révolution, comme je l’ai expliqué dans mon essai Mon Programme (Éditions du Lore), serait de revenir sur le statut quasi soviétique de la fonction publique hérité de 1945, et de diviser par deux, au minimum, le nombre de fonctionnaires. Tâche ardue, mais peut-être pas impossible : la France, un des pays les plus conservateurs, corporatistes et attachés aux privilèges de l’Occident, ne se réforme que dans la douleur et le dos au mur. Par exemple, le jour où la puissance publique ne pourra plus emprunter, comme aujourd’hui, pour payer la nourriture du pachyderme. 

Défense amère de François Hollande

Cet homme n’était évidemment pas fait pour devenir président de la République et chef d’État. C’est l’illustration du terrible principe de Peter : un dirigeant qui se retrouve à un niveau supérieur à son  seuil de compétence. En soi, c’est un phénomène assez courant dans l’histoire. Bien sûr, c’est difficile à avaler pour les nationalistes français, les nostalgiques du gaullisme et autres romantiques du pouvoir fort. François Hollande a réussi à devenir chef d’État, ce qui n’est pas donné à tout le monde. C’est pourquoi, il faut tout de même l’applaudir. Maintenant, depuis qu’il est élu, il démontre que le poste n’était évidemment pas fait pour lui. Il est prisonnier d’une idéologie réactionnaire et passéiste (le socialisme) qui correspond à la génération sexagénaire des soixante-huitards. Mais enfin, les Français l’ont élu et tout est de leur faute. Quand on élit Charlot, il ne faut s’en prendre qu’à soi-même si un film comique est projeté sur l’écran. 

(1) La fonction publique territoriale (régions, départements, communes) salarie 1,8 millions de fonctionnaires (et devra assurer leur retraite), soit une augmentation de 77% depuis 1981. On dira que c’est une conséquence de la décentralisation : mais pourquoi dans ce cas la fonction publique centrale a-t-elle continué d’augmenter ?   

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