Bombe à retardement implosive de la natalité allemande

par

Du fait de sa faible natalité, l’Allemagne vit peut-être ses derniers beaux jours, son été indien, son crépuscule. Une pénurie démographique va s’aggraver au fil du temps. Dans 15 ans, on prévoit seulement 17% de moins de trente ans sur le marché du travail ! Le premier à être touché est l’apprentissage, ce fleuron de l’économie germanique. En quantité et en qualité. Le Bundesagentur für Arbeit (”Service fédéral de l’emploi”) a recensé 146.000 places d’apprentis (Azubis) inoccupées. Dans cinq länder, on compte plus de postes à pourvoir que de candidatures. La Deutsche Bahn (chemins de fer fédéraux) offre 500€ à tout recruteur d’un apprenti. Évidemment, il y a un autre problème, l’immigration. Non seulement les jeunes ne sont plus assez nombreux, mais dans leurs rangs, on trouve de plus en plus d’immigrés ; parmi ces derniers, 100.000 jeunes en échec scolaire ne trouvent pas de place d’apprentissage pour cause d’inadaptabilité, selon la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK). Le Gewerkshaftsbund (”Fédération des syndicats”) suggère de former les apprentis pendant quatre ans au lieu de trois ; la raison implicite et inavouée est la baisse de qualité des candidats à l’apprentissage, due à la proportion croissante d’immigrés.

Dans la performante industrie allemande, la pénurie de main d’œuvre se fait sentir jusque chez les cadres. D’où la prévision d’une présence de plus en plus importantes de Turcs. D’où aussi l’appel aux femmes, y compris dans l’industrie lourde. Elles sont d’ailleurs victimes de discriminations salariales : 10% de moins à l’embauche, 20% de moins en fin de carrière pour un poste équivalent. La bombe à retardement de l’économie allemande se nomme Arbeitskräftmangel ou ”manque de main d’œuvre”, due au vieillissement démographique et à la faible natalité. L’Institut économique de Cologne (IW) signale que 123.000 techniciens et ingénieurs font défaut dans le secteur des hautes technologies. La prévision pour 2020 est effrayante : 1,4 millions de postes non pourvus. Un seuil de rupture risque d’être atteint avec pour corollaire l’effondrement de l’économie allemande. Dont les effets sur l’UE seront durs, pour rester poli.  

Mais l’économie n’est pas seule en jeu. Elle n’est que le miroir de la réalité. La réalité, c’est l’amenuisement puis la disparition possible, lente, inexorable, du peuple allemand lui-même. Jamais les Turcs ni les autres immigrés allochtones ne seront les relais ou les héritiers de la civilisation germanique, pas plus que les Arabes d’Égypte n’ont pu continuer la civilisation pharaonique. Ces remarques valent pour aussi pour la France et ses voisins proches. Une révolution pourrait-elle renverser le cours du destin ?

Vous aimerez peut être