Économie : pourquoi la France va continuer de plonger

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Le virage ”social-démocrate” de François Hollande est une plaisanterie ; et sa petite prise de conscience que le chômage en hausse constante et la récession continue du PIB par tête sont peut-être dus à un effondrement des investissements des entreprises (françaises et étrangères) accablées de taxes, de charges et d’impôts et à une économie administrée et collectiviste, ne porteront aucun fruit. Car la montagne a accouché d’une souris. Dans le déni de réalité, les socialistes, à l’inverse de tous les autres pays d’Europe, persisteront dans leurs erreurs, qui s’expliquent par une ignorance économique profonde et par une démagogie mortelle, empreinte de mensonges répétés. Voir à ce propos les contorsions de Michel Sapin et de Pierre Moscovici, complètement sourds aux avertissements de la Cour des Comptes.

En effet, le mal français vient de ce que maintes forces sociales et politiques de ce pays, ainsi qu’une partie de la société, reprochent à Hollande de ne plus être assez à gauche économiquement et d’être devenu ”ultra-libéral”. Ce qui est une contre-vérité totale. La force montante du Front national elle-même semble s’accrocher au modèle socio-économique français étatiste (dans le mauvais sens du terme), collectiviste, néo-keynésien, anti-travail, fiscaliste, sans voir que c’est là la racine même de la paupérisation. (1)

Sous le regard étonné de tous nos partenaires, de l’Europe à la Chine, le pouvoir français manie les incantations verbales en langue de bois : choc de confiance, choc de simplification, pacte de stabilité, pacte de compétitivité, pacte de responsabilité, crédit d’impôt compétitivité emploi, etc. Des grands mots, qui enfument, mais suivis d’actes microscopiques qui n’auront aucun effet. Rigoureusement aucune réforme de structure, aucun remède. Enlisement, persévérance dans l’erreur, autisme idéologique dogmatique.

Voici les raisons pour lesquelles le chômage va continuer d’augmenter, la croissance d’être aux abonnés absents, les dettes publiques et les déficits de croître et, au final, une dépression à l’argentine ou à la grecque se profiler inéluctablement :

1) Aucune économie de dépense sérieuse n’est programmée au niveau des trois Fonctions publiques. (2) Le choc fiscal (+33 milliards rien qu’en 2013) a eu un rendement quasi nul, puisque trop d’impôt tue l’impôt, sauf à décourager un peu plus l’activité. Les déficits et la dette vont donc continuer de croître.   

2) La fiscalité du capital, confiscatoire, une des plus fortes au monde (qui touche toutes les catégories, y compris petits épargnants et actionnaires, et pas seulement l’ISF !), continuera de décourager le stock d’épargne d’investir dans l’économie française. Les investisseurs étrangers, massivement retirés, ne reviendront pas de sitôt créer ici des emplois – effet mondial de l’annonce des 75% d’imposition.  De même, la dramatique fuite des talents, des jeunes créateurs et des entrepreneurs, lassés par le harcèlement bureaucratique, la rhétorique anti-réussite, le racket fiscal, ne marque aucun répit. 

3) Aucune baisse de charges sérieuse ne se profile à l’horizon pour les entreprises, ce qui continuera de plomber les exportations et le déficit de la balance commerciale, qui est déjà de 61 milliards d’euros, record historique, là où l’Allemagne affiche un excédent de 199 milliards.  Les impôts sur la production représentent 65 milliards d’euros de plus qu’en Allemagne. Et le CICE comme le pacte de responsabilité, timides mesurettes  combattues par tous les syndicats marxisants, n’y changeront rien. (3)

4) Aucune réforme du Code du travail ubuesque, aucune flexibilité du marché de l’emploi, aucune politique efficace de formation professionnelle et d’apprentissage n’ont été mises en œuvre, bien au contraire. Aucun espoir de voir abolir les catastrophiques 35 h ou le retour suicidaire à la retraite de fait à 60 ans. (4) La France continue sur la pente de la préférence pour le chômage et l’assistanat – et de la faiblesse du temps de travail. (5)

5) Les budgets sont truqués, du fait de la baisse des recettes fiscales dues paradoxalement au matraquage : moins-value fiscale de 11,2 milliards en 2013 et de 6 milliards en 2014.  Le nombre des fonctionnaires a continué d’augmenter depuis 2012 pour atteindre 5, 3 millions, et les retraités sont 17% de plus.

6) Les nouvelles mesures ”sociales” (en fait anti sociales) en faveur des immigrés légaux ou nom (extension de l’AME, Aide médicale d’État) ou des fonctionnaires (suppression du jour de carence de l’assurance maladie) représentent plus de 12 milliards d’euros supplémentaires par an. Sans parler du projet de généralisation du tiers payant et de l’embauche ridiculement inutile de 60.000 enseignants supplémentaires dans une Éducation nationale corporatiste et inefficace. Pour payer tout cela : les emprunts de France-Trésor auprès des places de la City, de Wall-Steet, de Dubaï, de Tokyo, etc. Emprunts payés par les impôts supplémentaires sur les classes moyennes. N’est-ce pas, M. le Président anti Finance ?

Les conséquences de cet immobilisme et de cet aveuglement sont inévitables :

1) Le dérapage des comptes publics va se poursuivre et jamais le retour au seuil de 3% de PIB pour le déficit budgétaire ne sera atteint. En 2014, la seule dette souveraine d’État dépassera les 2.000 milliards d’euros, soit presque 100% du PIB. Nous allons vers une rupture de financement de l’État par les créanciers internationaux, du fait d’une hausse inéluctable des taux, provoquée par une baisse de la rentabilité marginale escomptée des remboursements. 

2) Un effondrement de l’État Providence est inéluctable d’ici à 2017 car un seul physique va être dépassé. Ce sera la fin de la croyance aux miracles et le retour d’une loi économique d’airain : on ne peut pas à terme redistribuer plus qu’on ne produit et exporte, et payer ce qu’on ne gagne pas et ce qu’on ne peut même plus emprunter. Tous les régimes socialo-communistes de la planète, créateurs de paupérisme, se sont effondrés pour avoir négligé la logique de comptabilité (6).

3) Nous risquons donc de vivre, dans les cinq ans à venir, ce qu’on pourrait appeler des ”effets de dépassement ”, du fait de la difficulté constante d’emprunter, de la baisse de rendement des impôts et charges due à l’effet de dominos de la rétraction du tissu économique incapable d’investir et donc de fonctionner.

Conséquences : retards de paiement puis baisse, puis arrêts des versements pour les retraités (surtout du privé, premiers sacrifiés), les assurés sociaux (branche maladie en premier), les chômeurs, les prestations familiales ; difficultés croissante pour payer les fonctionnaires eux-mêmes ; chute des investissements d’infrastructure et de services publics, concernant l’État et les collectivités territoriales ; dégradation des bilans bancaires entrainant le gel des avoirs, de l’épargne, voire des comptes courants de chacun d’entre nous. 

La liste de ce cercle vicieux (7) est longue. Les premiers à souffrir ne seront pas les ”riches” (ils partiront de plus en plus ou s’en tireront toujours, comme les bobos socialistes) mais les classes modestes et moyennes. La gauche aime tellement les pauvres qu’elle les multiplie. Les conséquences pour l’Europe d’un plongeon de l’économie française, la seconde après celle de l’Allemagne, seront dramatiques. Nous serons placés sous contrôle rigoureux du FMI, de l’UE, des fonds souverains des pays créanciers, des monarchies du Golfe à la Chine et de cette finance internationale tant détestée. (8) 

Ce que la perspicacité et la sagesse n’ont pu accomplir avant qu’il ne soit trop tard, le chaos l’accomplira, dans la douleur. Le principe de réalité s’impose toujours aux rêveurs et aux ignorants. 

NOTES

(1) Le FN, dont le programme économique est plus électoraliste que réfléchi, mets tous les maux sur le compte de l’Union européenne et de l’euro. Bien que beaucoup de ses critiques de l’UE soient très justes, le déclin économique français n’est pas principalement dû à l’euro et à Bruxelles mais aux principes mêmes de l’État Providence français. Sinon, les autres pays européens seraient dans la même situation que nous, ce qui n’est pas le cas. D’une manière générale, et bien au delà du FN, les milieux ”identitaires” ont une réflexion économique très faible. Beaucoup rabâchent des slogans ( ”économie organique !”) sans avoir jamais étudié la question ni, évidemment, lu Schumpeter.

(2) Voir à ce propos la bonne blague du gouvernement qui promet 50 milliards d’économies, sans jamais dire lesquelles. Il faut lire la presse économique allemande pour mesurer à quel point M. Hollande et son équipe de bras cassés (tous énarques prétentieux) ont tout d’abord fait rire mais maintenant inquiètent.

(3) Ces syndicats marxisants, subventionnés, corporatistes, non représentatifs (CGT, FO, Sud, etc.) mais bénéficiant d’immenses pouvoirs d’intimidation ont une lourde responsabilité dans les fermetures d’entreprise et dans le chômage par leurs revendications délirantes, leurs grèves incessantes, leurs violences et chantages impunis. Leur idéologie (” trop de dividendes aux actionnaires, pas de problème de coût du travail, pas assez de fonctionnaires ”, etc.) relève soit de la bêtise, soit du cynisme démagogique. Ces fossiles vivants sont les pires ennemis des ”travailleurs” puisque leur objectif est de casser les reins des entreprises et des employeurs privés.

(4) Dernière mesure, toujours au nom du ”social” : limiter le recours aux stages d’apprentissage, qui seraient de l’”exploitation”. La machine à chômeurs, pilotée par des fous, fonctionne à plein régime.

(5)  La société à deux vitesses : le secteur protégé des emplois public et semi-publics et le secteur privé, vache à lait. Voir à ce propos ma brochure La nouvelle lutte des classes (Éd. du Lore). 

(6) Le principe de réalité s’estompe face à l’utopie et à la prime à l’irresponsabilité. François Hollande, jamais embarrassé par la démagogie, qui se voulait le ”président ennemi de la Finance”, réussira à mettre plus que jamais la France entre les mains de cette Finance, c’est-à-dire des marchés financiers et des créanciers étrangers, qui  prêtent (en spéculant, vous le feriez à leur place) à un État impécunieux et dispendieux. La cigale qui maudit la fourmi. Avant de se prosterner devant elle.    

(7) Le cercle vicieux est ainsi décrit par l’économiste, Nicolas Baverez : « la France s’est enfermée dans la trappe du sous-développement et de la paupérisation en raison de la hausse des dépenses publiques et des impôts, qui entraine la chute des marges et de l’investissement puis celle de l’emploi et des revenus, appelant de nouvelles dépenses puis de nouveaux impôts ».

(8) Vous participez sans le savoir à la ”finance internationale” dès que vous avez une petite épargne qui vous rapporte plus que l’inflation, ce dont vous êtes bien contents. Car votre argent, sans que vous le sachiez, même placé dans les repères pépères de la Caisse d’Épargne ou de La Poste sert à des prêts à intérêt sur les marchés, y compris auprès des États endettés.  Bien sûr, on préférerait qu’il s’agisse d’investissements dans les entreprises françaises. Mais pour cela, il faudrait que l’État socialiste défiscalise les revenus de votre épargne. 80 % des gouvernements du monde l’ont compris. Sauf les énarques français dont la boussole mentale est à la fois ” à gauche toute !”  et ” socialisme du XIXe siècle”.

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