Guillaume Durand et l’art contemporain : rigolades

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Luc Ferry, dans Le Figaro du 24 janvier, se gaussait à juste titre de l’imposture de l’”art contemporain”, mélange de spéculation financière et d’absence de talent. Il critiquait notamment l’exposition et la vente à la FIAC d’une Ferrari accidentée présentée comme une œuvre d’art. par un imposteur/spéculateur et vendue à grand prix. Là dessus, le téléman Guillaume Durand lui répond dans Le Figaro du 29 janvier, par un article (« Art contemporain, réponde à Luc Ferry ») fort courtois mais empreint d’une rare bêtise et surtout d’une méconnaissance profonde de l’art, typique de cette classe médiatique prétentieuse et à la culture superficielle.

Dans un style alambiqué et peu clair, le présentateur explique avec suffisance que cette performance d’art contemporain (une voiture accidentée) est bel et bien de l’art, comparable à l’art ”moderne”, anti-académique,  semblabe aux démarches de Picasso, de Monet, de Van Gogh, etc,. parce cela fait évoluer le goût et brise les normes. Durand ne comprend tout d’abord pas que l’art contemporain de la FIAC est le summum du conformisme, de l’académisme et de la spéculation. Il réagit en gogo/bobo snob, comme l’acheteur François Pinault, type même de l’inculte fasciné par la fausse transgression. Il n’a rien compris à la notion de modernité dans l’art.

Et surtout (son article, involontairement comique, mérite de figurer dans une anthologie ”Bouvard et Pécuchet”) Durand ne saisit pas ce qu’est au fond l’art, comme d’ailleurs tous les admirateurs de l’”art contemporain”, dont le terme même est d’ailleurs mensonger.  L’art, c’est d’abord le talent et le travail de l’artiste, autour d’une représentation esthétique, qui peut évidemment varier. Mais exposer une bagnole accidentée, concasser des tôles (César) ou se livrer à d’innombrables simagrées du même type, ne relève pas du talent et du travail de l’artiste, mais d’un concept. (1) On parle d’ailleurs d’”art conceptuel”. Il s’agit d’une pure et simple imposture qui repose sur les attachées de presse, sur la spéculation mercantile et qui propulse sur le devant de la scène non pas des talents artistiques mais des plaisantins businessmen cyniques.

L’ ”art contemporain” ou art conceptuel, est l’aubaine des incapables. C’est l’art-cucul, l’art nul, pour tout dire le canul-art, ou canular. Le gribouillis, le n’importe quoi, pourquoi qu’ils soit médiatisé, grâce à des appuis. (2) L’artiste et son travail de la matière et de l’esprit n’existent plus.  Triomphe de la pub, du snobisme et des gentils incultes. Le drame, c’est que cette dictature de l’art conceptuel ou contemporain occulte les vrais créateurs, les vrais artistes talentueux et travailleurs au profit d’une caste protégée et entretenue d’imposteurs et de charlots bien en cour. Les vrais créateurs sont devenus les dissidents de l’art et n’exposeront jamais à la Fiac et ne bénéficient pas des commandes de l’oligarchie ni d’un marché de l‘art dominé par ce que le capitalisme spéculatif possède de pire – bien que l’immense majorité des pseudo artistes du canul-art contemporain se réclame de la gauche.  

L’art se caractérise par l’humble effort de l’artiste, son savoir-faire appris, sa modestie, son intuition esthétique, son mépris des modes, son inspiration. Le pseudo-art conceptuel ou ”contemporain” (que Durand confond avec l’art moderne) ne délivre ni  ”message”  ni esthétique mais une simple cuistrerie. Le fait de présenter une voiture accidentée ou une lunette de WC peinte en rose ou n’importe quoi du même acabit ne relève absolument pas d’une démarche créatrice et artistique mais d’un calcul cynique d’incapables, aidés par la coalition des spéculateurs et des intellectuels incultes et Trissotins. 

(1)Le ”concept” a toujours été le précepte des nuls. Seul le ”métier” a de la valeur.

(2)Les exemples de Jeff Koons ou de J-M. Basquiat sont parlants : leurs canulars s’échangent sur le marché à des prix bien supérieurs à Van Gogh. 

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