Juifs français : quand la kippa devient une étoile jaune

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Ça se renforce : l’antisémitisme musulman s’enracine en France. Pas seulement en propos, mais en meurtres ou tentatives. Les derniers événements de Marseille le confirment. Là, comme dans d’autres villes de France touchées par l’immigration musulmane, les agressions contre les juifs se multiplient. Pour l’instant, on est encore dans la basse intensité, mais la température monte. Les juifs sont visés, mais pas seulement eux…Mon hypothèse de la guerre civile ethnique en gestation se confirme.

Tuer des juifs au nom d’Allah, un tropisme qui se répand

À Marseille, un professeur juif de théologie, Benjamin Amsellem, portant une kippa, a manqué de se faire égorger à la machette par un mineur turc de 15 ans, musulman d’origine kurde. Il ne s’agit plus d’un antisémitisme de paroles (Dieudonné ou Soral) mais de passage à l’acte dans le but concret de tuer des juifs. Au cours de sa garde à vue, l’assassin putatif dit avoir agi  « au nom d’Allah » et de l’État islamique (EI, Dae’ch). Il n’a montré « aucun regret si ce n’est celui de ne pas avoir tué sa victime ». Il veut « planter les juifs et les policiers », qualifiés de « mécréants ». Il a ajouté : « je ne regrette rien, j’en suis fier » et : « j’ai honte de ne pas avoir tué ». Le professeur a été sauvé notamment par l’intervention, par hasard, d’un membre du SPCJ (Service de protection de la communauté juive).

Ce mineur ne venait pas d’une famille musulmane ”radicalisée”. Il a été fanatisé par Internet, par tous ces sites islamiques foidonnants que l’État français ne parvient pas, soi-disant, à fermer (1). Il a déclaré aux enquêteurs qu’il recommencerait dès qu’il sortirait de prison – s’il en fait… Sympathique…Mais ils sont des milliers comme lui, inconnus, prêts à passera l’acte. Ce qui est inquiétant, c’est que ce mineur n’était nullement un délinquant repérable, ni le fidèle d’une mosquée salafiste, mais un jeune fils d’immigrés ”réfugiés” aisés et aidés par le généreux État français. Ce qui est aussi préoccupant, c’est qu’il avait réussi à se procurer une machette de 40 cm. – l’arme blanche la plus efficace pour un égorgement mortel –  et agissait avec un jeune complice, qui a pris la fuite et demeure inconnu. Il existe donc des groupes autonomes de tueurs constitués, dont Dae’ch est le modèle.

Par prudence, les juifs doivent-ils se dissimuler ? 

M. Zvi Ammar, président du Consistoire israélite de Marseille, a déconseillé de porter la kippa (« afin de ne plus être identifiés comme des juifs […] en attendant que les barbares se calment »).Il s’imagine qu’ils se calmeront… C’est mal parti… Il a ajouté : « nous sommes, avec une kippa, exposés en première ligne ». En désaccord avec les autorités religieuses nationales de la communauté juive française. La polémique a été violente. Ce qui pose un grave problème : les autorités juives sont divisées entre ceux qui ont peur et préconisent des précautions individuelles, ceux qui veulent résister et ne pas céder, et ceux – dont les intellectuels parisiens – qui se sentent en sécurité. Pour combien de temps encore ? 

Il est pratiquement impossible aujourd’hui pour un élève juif  d’être scolarisé dans une ”école de la République” dans un nombre croissant de quartiers, parce qu’il est en permanence harcelé. Les familles sont contraintes de les inscrire dans des établissements privés juifs ou catholiques, qui ne sont pas gratuits. Les départs en Israël ou ailleurs de familles juives qui se sentent menacées se multiplient. Dans l’Éducation nationale, les enseignants affrontent l’hostilité antijuive de maints élèves musulmans, ce qui leur interdit d’aborder des sujets sur la dernière guerre ou l’histoire du Proche Orient.       

Le nouvel antisémitisme en plein essor

Le député FN Gilbert Collard a déclaré sur le site du Figaro (13/01/2016) : « Le pays est en phase de combat […] Notre civilisation est judéo-chrétienne. Toute notre histoire est reliée au judaïsme. C’est l’ennemi spirituel, idéologique et culturel de l’islam radical » Il aurait pu évoquer l’islam tout court. Ce qui est notable, d’un point de vue de sociologie politique, c’est que c’est du FN – accusé jadis d’être antisémite – que vient l’analyse la plus directe de la situation.  D’ailleurs, dans les classes moyennes et populaires de la communauté juive, le votre FN s’accroit, alors qu’il était marginal, à cause du soupçon d’antisémitisme contre l’ ”extrême–droite”.  

De l’assassinat après séquestration et tortures d’Ilan Halimi par Fofana et sa bande (février 2003) à la tuerie de l’Hyper Cascher par Coulibaly en passant par les meurtres dans une école juive de Mohamed Merah, les juifs sont physiquement menacés dans l’espace public français. Le premier signal avait été donné en 1981 par l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris, dont les auteurs ont été (après maintes dénégations) identifiés comme liés au terrorisme palestinien.

Jamais, depuis la dernière guerre, la communauté juive n’avait été inquiétée. Eh bien, ça recommence. Les intellectuels et journalistes juifs favorables à l’immigration feraient bien de réfléchir plutôt que d’échafauder de brillantes utopies qui se terminent toujours dans le sang. Ils auraient d’ailleurs tort de croire qu’ils sont à l’abri de leurs ”amis”. Ils sont dans le viseur. Plus la France s’islamisera, notamment par entrisme dans les institutions politiques, administratives, sociales, économiques, etc. plus les juifs, à tous les niveaux, se heurteront à des tracasseries, des exclusions, voire plus…Les grandes paroles lyriques et judéophiles des gouvernants actuels sont comme leurs promesses électorales : elles n’engagent que ceux qui ont la naïveté d’y croire. 

Jamais depuis la Révolution et le Premier Empire – mis à part la parenthèse de Vichy, évidemment – les juifs pratiquants n’avaient envisagé d’ôter leur kippa en public ou imaginé que l’armée protégerait les synagogues et les écoles juives.

Une tradition propre, entre autres, à l’islam

Alors que l’antisémitisme chrétien dépérit, l’antisémitisme islamique progresse. Dans l’émission C dans l’Air (France 5 du 13 janvier), cette agression de Marseille fut brièvement évoquée. MM. Michel Wieviorka et Alain Bauer, respectivement sociologue et criminologue, n’ont pas une seconde pointé la vraie cause : l’origine islamique récurrente des agressions antisémites. Il s’agirait, selon ces éminents représentants de la doxa dominante, de faits de délinquance, explicables par la « radicalisation », mot volontairement neutre, comme le terme non qualifié de « terrorisme ». Seule, la journaliste Hélène Pilichowski a osé suggérer, avec beaucoup de précautions de langage, que, peut-être, l’antisémitisme islamique serait, sait-on jamais, responsable de cette dernière agression antisémite ? Et elle évoque «  les analyses de Georges Benayoun à propos des ”territoires perdus de la République” » Elle voulait parler de Georges Bensoussan…Ce qui en dit long sur sa connaissance du dossier…   

Avec logique (voir mon dernier essai Comprendre l’islam), les auteurs des agressions contre les juifs se réclament du Coran et de Mahomet qui a exterminé les tribus juives de Médine. L’islam orthodoxe porte consubstantiellement en lui le projet d’éradication des juifs, avant même celui d’éradiquer les chrétiens, les ”associateurs” (polythéistes), les athées, les apostats et les schismatiques. Comme je l’ai souvent dit, la question d’Israël et des Palestiniens n’est pas du tout la cause de cet antisémitisme qui lui est antérieur. À preuve, la connivence entre le nazisme et l’islam sur cette question, bien avant la création de l’État hébreu, par la personne du Grand Mufti de Jérusalem, plus haute autorité musulmane de l’époque.

Natacha Polony parle de « mutisme quand il s’agit de nommer cet antisémitisme spécifique d’une part des populations de culture musulmane et d’envisager des réponses ». Élisabeth Lévy  avance : « au risque de vous choquer, l’agression de Marseille, c’est de la routine ».

Ceux qui voulaient sauver des juifs, pendant l’occupation, leur déconseillaient de porter l’étoile jaune obligatoire, et leur disaient de dissimuler leur origine pour éviter des avanies. Aujourd’hui, certaines autorités juives conseillent donc de ne plus porter la kippa. Dans un contexte différent, c’est la même logique : cachez-vous pour ne pas être inquiétés. C’est pourquoi cet appel – controversé mais dramatique– de Zvi Ammar marque une rupture historique : les juifs des quartiers à forte population musulmane doivent désormais prendre des précautions en France et ne plus se présenter comme tels. Ça devient dangereux. Échec total de cette ”république” qui fait son autopromotion à longueur de médias. 

Les pouvoirs étatiques complices des agresseurs et envahisseurs

Le gouvernement français, qui n’a que ce mot ”république” à la bouche, et plusieurs ténors de droite ont déploré, scandalisés, que les juifs soient appeler à «  se cacher  » en ne portant plus la kippa. Toujours la même musique : c’est l’État qui protège les juifs comme tous les autres citoyens ; et personne n’aurait rien à craindre. Mensonges. Oui, sauf que cet État, dirigé alternativement par les mêmes caciques de droite ou de gauche, a laissé faire, voire organisé, l’immigration d’origine musulmane.    

Alain Finkielkraut qui, comme André Taguieff, a dit, avec bon sens, que le nouvel antisémitisme  était d’origine musulmane, a été très attaqué, accusé du péché capital d’islamophobie. Cette évidence n’est pas politiquement correcte. Dans un pays qui commence doucement à être imprégné par un soft–totalitarisme, la réalité n’est plus la vérité admise par l’idéologie officielle et doit être dissimulée.

L’État français est en réalité totalement débordé par ce qui arrive. Il navigue à vue. Mais surtout, il donne l’impression de favoriser le phénomène, de prendre doucereusement le parti des assaillants.   Ivan Rioufol : « ce lycéen turc a été immédiatement qualifié de ”déséquilibré”, un réflexe qu’impose la novlangue humanitariste dès qu’il s’agit de désigner ceux qui attaquent au nom d’Allah ». Il ajoute : «  en Allemagne, le déni des faits est identique : autorités et médias ont mis quatre jours à admettre la responsabilité de ”réfugiés”, majoritairement nord-africains, dans les agressions sexuelles de centaines de femmes, le soir de la Saint–Sylvestre ». (Le Figaro, 14/01/2016)

Dans une récente émission de France Culture – la station radio de l’idéologie officielle d’État – L’Esprit public, un éminent représentant de Terra Nova, le lobby lié au PS, excusait les agressions de Cologne (et de bien d’autres villes) en pointant la ”misère sexuelle” et la précarité des agresseurs. Il soulignait aussi que cette arrivée massive de ”migrants” était une chance pour une Europe en dépression démographique. La même logique est à l’œuvre de la part des cénacles du pouvoir, en France et chez nos voisins : contribuer à détruire le cœur de l’identité et de l’ethnicité de la civilisation européenne dans toutes leurs composantes historiques.

Plus belle la vie, à Marseille ? 

À Marseille, l’antisémitisme est installé, banalisé. Les autorités le savent et ferment les yeux. Les insultes (”sale juif” !) font partie du paysage du ”vivre ensemble”. Depuis novembre 2015, c’est la troisième agression d’un juif sur la voie publique marseillaise. Dans les faits, les juifs ont peur et l’ont voit de moins en moins de kippas dans les lieux publics. Les Français de souche, non juifs, sont également menacés, en second front.

Des parachutistes gardent l’entrée de l’Institut franco-hébraïque La Source dans le IXe arrondissement de Marseille où enseignait cet homme qui a échappé de justesse à la mort. On croit rêver. Cet Institut risque donc d’être attaqué à tout moment. Par qui ? Par des Identitaires, par le FN ? Par les extraterrestres ? Mis à part la période de l’Occupation (1940–1945), jamais les juifs français n’avaient été obligés de se dissimuler ou d’être protégés par la police et l’armée dans une ville de France.  

Depuis 15 ans, la situation des juifs (70.000, seconde communauté après Paris) se dégrade à Marseille où, il faut le savoir, plus de 50% de la population est maintenant arabo-musulmane. La sécurité des Français de souche  non–juifs se délite aussi. La  série de propagande, de facture néo-soviétique produite par une chaine d’État (FR3), Plus Belle la Vie, qui se passe à Marseille, diffuse l’idée fausse d’une cohabitation harmonieuse. Marseille est une ville où la vie quotidienne est celle d’une guerre civile larvée. Contrairement à Paris, protégée et surveillée, surtout les arrondissements du centre-ouest, parce qu’y résident 80% de la classe dirigeante, Marseille est une ville délaissée par l’État. L’attitude des autorités municipales suscite aussi beaucoup d’interrogations. Marseille est le laboratoire d’une France où il ne fait pas bon vivre. L’agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing suit la même voie. 

 Et après les juifs, qui ?

Aujourd’hui, à Marseille – et dans bien d’autres villes ou banlieues ! – il est risqué de se promener avec une kippa, mais, bientôt, qui nous dit qu’il ne sera pas risqué de porter une croix en sautoir ? Voire même qu’une femme non voilée ne sera pas inquiétée ? Ça commence. La susceptibilité de nos ”concitoyens ” musulmans, surtout les jeunes, est chatouilleuse, vous savez… Et l’État leur fait les yeux de Chimène. 

Le « vivre ensemble », cette vaste blague politico–intellectuelle, est un peu plus écorné. Lors de l’émission On n’est pas couché de Laurent Ruquier (16/01/2016), temple du politiquement correct et de la bienpensance,  l’humoriste Jérémy Ferrari a lancé à l’invité, Manuel Valls : « Vous êtes en guerre. Le gouvernement est en guerre. Pas nous. Moi, je ne suis pas en guerre contre les musulmans ». Le problème, c’est que les djihadistes, eux, sont en guerre. Contre vous et nous tous.

Les musulmans immigrés des anciennes générations n’ont pas l’hostilité des nouvelles contre les juifs ou contre la France. La radicalisation, à la fois ethnique et islamique, est générationnelle et généralisée. Ce qui nous indique qu’un affrontement est inéluctable. Il ne suffit pas d’affirmer, pour paraphraser Aristote, qu’une chose n’est pas souhaitable pour prédire qu’elle est évitable.

Cette propension de l’idéologie dominante à victimiser l’islam et à le disculper des forfaits commis par ses adeptes ”au nom d’Allah” trouve un écho dans l’indignation manifestée sur le sort des Palestiniens (Gaza et Cisjordanie) ; ces derniers sont présentés comme des martyrs alors que le sort des vrais martyrs, les chrétiens d’Orient, est largement minimisé : on ne s’indigne pas, on ”déplore”. L’idéologie dominante, avec subtilité, protège apparemment les juifs mais aussi ceux qui les détestent. Les autorités sont ” le cul entre deux chaises”. Mais on fait confiance à l’appareil d’État français : il choisit toujours au final le plus menaçant, le plus fort, le plus nombreux.  

 Les juifs ont néanmoins une chance : ils ont un territoire et un État historique, Israël, qui ne plaisante pas et défend bec et ongles l’identité, la sécurité et la nationalité juives. Ils ont un plan B de refuge, de repli. Ils ont un axe mental de référence. Les Français de souche non-juifs n’ont pas cette chance : leur État non seulement ne les défend pas mais leur est hostile.   

(1) C’est une plaisanterie. N’importe quel site Internet peut être neutralisé sur un territoire national, même hébergé à l’étranger. L’exemple de la Chine le prouve. Simplement, l’État français s’interdit de toucher aux sites islamiques parce qu’il faudrait  menacer l’hébergeur de couper tout son flux numérique s’il n’évacue pas les sites incriminés. Et on ose parler de lutte ”antiterroriste”…

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