L’ « Appel de Paris” de l’islam de France : une grosse hypocrisie ?

par

taqiyaLe 8 septembre, à l’initiative de Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM), associé à la coordination Chrétiens d’Orient en danger (Chredo) et au Rassemblement des musulmans de France (RMF) a été signé l’ ”Appel de Paris” condamnant solennellement et  sans ambiguïtés les persécutions, massacres et spoliations contre les Chrétiens d’Irak et de Syrie par l’Etat islamique au Levant, le ”Califat de Daech” du sanguinaire Abou Bakr al- Baghdadi – auquel se sont joints près de 2000 ”Européens” (dont plus de 800 ”Français”) partis faire le djihad, en fait de jeunes immigrés musulmans des banlieues. Ils vont revenir ici, aguerris, fanatisés, barbarisés.

Remarquons d’abord que toutes les organisations musulmanes n’ont pas signé unanimement cet appel et que celui-ci arrive bien tard. Il aura fallu les abominables exactions des djihadistes de Daech pour provoquer une réaction. Cela fait longtemps qu’en Egypte et en Irak, les chrétiens sont persécutés, dans le silence des autorités musulmanes. L’Appel prend soin de préciser que les barbares de Daech n’ont rien à voir avec l’islam réel et authentique et que 98% des musulmans récusent la société selon la charia médiévale. On est habitué à cette musique. Cet argument est peu crédible : les djihadistes du ”Califat” criminel se réclament bel et bien du Qoran et des Haddiths. Les autorités musulmanes signataires de l’Appel de Paris en faveur des Chrétiens d’Orient sont peut-être sincèrement des musulmans modérés qui refusent le djihad sanguinaire, qui prétendent vouloir une société tolérante et plurielle, mais il est complètement faux que 98 % des musulmans les suivent. Au contraire, comme je l’ai déjà dit dans ce blog, on assiste partout à une radicalisation fondamentaliste de l’islam, un retour aux sources.   

Les Européens, en proie à une indécrottable naïveté angélique et crédule ne doivent pas se laisser abuser par des discours destinés à les endormir. L’Appel de Paris se limite au domaine de la parole (toujours facile) en évitant soigneusement les actes. Il laisse le soupçon d’une opération de propagande : afin d’éviter que les exactions de l’État islamique au Levant ne nuisent à l’image d’un islam de France qui s’étend en sourdine. Pourquoi l’islam de France ne se mobilise-t-il pas concrètement pour aider les chrétiens d’Orient et autres minorités persécutées ? Pourquoi la richissime Arabie saoudite et certains Émirats pétrogaziers, qui ont laissé financer en douce l’EIL et d’autres organisations djihadistes terroristes, ne les aident-ils pas non plus ?

D’autres questions sont très gênantes pour l’islam de France, comme celle-ci, posée par Jean-Marie Guénois dans Le Figaro (10/09/2014) : « pourquoi les réseaux musulmans des mosquées et des associations diverses sont incapables de détecter et de prévenir les allées et venues de 800 jeunes djihadistes dont le ministère de l’Intérieur détient pourtant un compte précis ? Ils sont issus de familles concrètes, connues dans leur quartier. Premier silence » 

Pour donner de la sincérité à leur appel, les signataires ont rappelé que les chrétiens persécutés ”étaient arabes”. On reste stupéfait par la maladresse de cet argument. S’ils n’avaient pas été arabes, on ne les soutiendrait donc pas autant ? L’origine de populations persécutées doit-elle entrer en ligne de compte ?

D’autre part, on ne fera pas croire que ce Califat autoproclamé, richissime, surarmé, qui vit en partie des pillages et du détournement du pétrole, ne bénéficie pas d’aides et de financements occultes en provenance du monde musulman. Il ne s’agit pas d’une bande de gangsters isolés, mais d’une structure aux ramifications internationales. Le djihad est protéiforme : il prend l’apparence du sourire rassurant (”baise la main que tu ne peux couper”) comme, au moment propice, de la violence déchainée contre ceux qui sont désarmés et se sont laissés abuser.

Il ne faut pas tomber dans le piège de cette sournoise duplicité, inhérente à la stratégie de l’islam depuis des siècles. La ruse est le premier précepte de la stratégie arabo-musulmane : d’un côté on va officiellement combattre l’”islamisme”, mais, de l’autre on va l’aider, au gré des circonstances. N’oublions pas que nombre de cadres militaires de l’EIL sont d’anciens bassistes nationalistes ”laïcs” qui ont tourné casaque, ni que les pays du Golfe pratiquent un permanent double jeu. Les autorités musulmanes officielles de France (par ailleurs très divisées entre elles) jouent, pour l’instant, la carte de la tolérance, du pluralisme, dans les paroles plus que dans les actes. Même si elles sont sincères, sont-elles représentatives ?   

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