L’égalitarisme contre l’égalité

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La thèse défendue ici est que la France est une société égalitariste mais non pas égalitaire et que l’égalité n’y est pas respectée mais évacuée ; que l’idéologie égalitariste sert à la fois à justifier et à camoufler des privilèges qui sont probablement plus importants encore que ceux de la défunte monarchie ; que par effet hétérotélique l’idéologie égalitariste a aggravé les inégalités les plus injustes, au profit de pseudo égalités.

La Révolution française et la Déclaration des Droits de l’Homme  de 1789 avaient défini l’égalité, en rupture avec les privilèges d’Ancien Régime, comme l’égalité devant la loi et l’instauration de la méritocratie en lieu et place des avantages de naissance ou de situation. Mais peu à peu, l’égalitarisme, en exigeant l’égalité de résultat (sous l’influence de la vulgate marxiste) et en prétendant ”aider” des catégories prétendues défavorisées a récréé une inégalité de conditions entre catégories de la population. Avec, à la clé : injustice sociale, inefficacité et sclérose de la circulation des élites.

Tout d’abord, la principale technique, très perverse, de l’égalitarisme est de construire des simulacres d’égalité. Pour cela, on fait appel à l’idéologie féministe (dévoiement de la défense de l’égalité sexuelle), aux doctrines hypocrites du lobby homosexuel masculin ou à la théorie américaine du genre (gender theory) qui, aux USA, est déjà dévalorisée, ou encore à l’”antiracisme”.

Mesures emblématiques ”sociétales” de cette idéologie aussi médiatique qu’inefficace : le mariage pour tous, la parité hommes-femmes obligatoire en politique comme maintenant dans les conseils d’administration, (1) l’enseignement néo-totalitaire dès l’école primaire voire maternelle de l’équivalence entre les sexes. Tout cela au nom de la lutte contre les discriminations sexuelles, largement fantasmées. Cette dernière est un détournement d’attention, donnant lieu à des dispositifs législatifs délirants pour l’immense majorité de la population, symboliques et mensongers. Toute cette plaisanterie – poudre aux yeux – masque la construction progressive d’un imposant appareil inégalitaire édifié peu à peu au nom de la justice et de l’égalité et fondé sur l’escroquerie idéologique. Quelques exemples :       

1) En matière de protection sociale, de retraites, de régimes de santé, etc.,  observons les incroyables privilèges des salariés de la fonction publique et des secteurs avantagés au détriment  du privé, des PME, des TPE, des professions libérales, des indépendants, des agriculteurs, qui financent les déficits de la classe protégée.

2) La non représentativité des syndicats de gauche en terme d’adhérents qui sont financés par l’État, qui sont au dessus de toute décision de justice et qui dictent leur volonté corporatiste, par ailleurs machine à tuer les emplois. 

3) Les aides versées aux clandestins, sans-papiers et faux réfugiés, inexpulsables (CME, etc.) ou bien les prestations à de ”jeunes” oisifs, artificiellement victimisés, alors que des Français de souche en détresse (les ”invisibles”) sont relégués aux oubliettes.  

4) La ”discrimination positive” qui ne dit pas son nom : au nom du concept de ”diversité”, elle instaure une préférence ethnique – de fait raciste au pays de l’antiracisme – dans l’administration et les grandes entreprises, au détriment de la méritocratie égalitaire. 

5) En pratiquant le nivellement par le bas et en abolissant la qualité de l’école publique, l’idéologie égalitariste, croyant aider les ”classes populaires” les a plombées. Aujourd’hui, seules les classes riches peuvent espérer une éducation de qualité pour leurs enfants. Jules Ferry a été aboli par les héritiers de Mai 68. L’élitisme et la sélection sont les trésors du peuple sans héritage : la République gauchisée augmente les inégalités sociales en offrant une éducation démagogique bas de gamme. Les enfants des bourgeois de gauche vont dans les écoles privées élitistes. L’ascenseur social est bloqué parce que l’Éducation nationale offre des prestations dévaluées aux classes populaires, avec toute la prétention de la caste, d’autant plus agressive qu’elle est incapable.     

6) La laïcité égalitaire de l’État est également  mise à mal du fait d’une indifférence envers les agressions et profanations contre les lieux de culte catholiques. Sans parler des répressions envers certains (condamnées par les instances judiciaires européennes) et de l’aménité envers d’autres, protégés par un pouvoir tolérant.  Sans parler de la bienveillance protectrice et privilégiée dont bénéficie l’islam. D’une manière générale, il existe un rupture d’égalité en faveur des amis et protégés du pouvoir. Tout le système des subventions publiques  le prouve aussi.

L’esprit même de l’égalité méritocratique anti-privilèges est détruite au profit de l’édification d’une société à la fois communautariste et de castes où l’égalité de simulacre dissimule les inégalités réelles. La circulation sociale ne fonctionne plus. L’égalitarisme idéologique est un virus sournois contre la justice, la liberté et la démocratie. Il creuse les inégalités juridiques et économiques. Il est l’aliment de la guerre à venir. La démocratie et l’harmonie sociales sont rigoureusement impossibles sans l’homogénéité ethnique, la méritocratie sélective et l’instruction de qualité pour tous.  

 (1) La ”parité”, tout comme la ”discrimination positive”, est une rupture du principe d’égalité individuelle puisque le critère de sélection n’est plus seulement le mérite et la capacité d’un individu mais son appartenance – à laquelle il n’est pour rien – à un sexe ou à un groupe ethnique.

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