L’Iran aura l’arme nucléaire. Merci, Obama

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Les accords signés le 14 juillet dernier pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, c’est à dire validant les promesses iraniennes d’arrêt de l’enrichissement de l’uranium en échange de la levée des sanctions internationales, sont-ils une réplique des accords de Munich de 1938 avec Hitler qui jurait ses grands dieux qu’il voulait la paix ? On connaît la suite : la Seconde guerre mondiale. Objectivement, ces accords ne vont pas empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire mais vont au contraire lui en ouvrir l’accès. Grâce au souriant Mr. Obama.

Accord avec l’Iran : un marché de dupes 

D’un point de vue logique basique, il est bien évident que si le régime iranien a construit des centrifugeuses d’enrichissement de l’uranium à 90%, ce n’est pas pour des besoins électronucléaires civils mais pour posséder l’arme nucléaire. Le régime iranien essaie de violer depuis plus de 10 ans le TNP (Traite de non prolifération nucléaire). Les dénégations iraniennes ne sont prises au sérieux par aucune chancellerie au monde, même pas par les hypocrites partisans de l’Iran en Europe. 

Sur le dossier du nucléaire iranien, la diplomatie française s’en tenait à des positions très fermes : pas de levée de la moindre sanction sans des assurances et des contrôles rigoureux et intrusifs  pour s’assurer que l’Iran renonce à tout enrichissement de l’uranium et démantèle ses installations. Mais notre ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a été roulé dans la farine et doublé par des négociations secrètes entre l’administration Obama et Téhéran. Humilié, il a dû signer l’accord qu’impose Washington : lever les sanctions,  rétablir des relations diplomatiques et des  relations économiques juteuses avec l’Iran.

Le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) a renoncé à un accord contraignant, en suivant le sophisme inventé par l’administration Obama : mieux vaut un mauvais accord que le déclenchement d’une guerre. C’était le raisonnement à courte vue de Chamberlain et des pacifistes à Munich en 1938 face à Hitler.

Cet accord au rabais, cette volonté apeurée de ne surtout pas rompre les négociations, de ne pas envoyer d’ultimatum au régime des mollahs qui ne comprend que la menace, est d’autant plus stupide que ce régime, vu la dureté des sanctions économiques, était sur le point de céder. Résultat : les inspections internationales de l’ AEIA seront superficielles, sans garantie.  On a renoncé à l’accès illimité à toutes les installations nucléaires suspectes, au profit d’un régime d’inspection très flou et alambiqué. C’est une plaisanterie. La seule garantie est la ”parole” de la théocratie chiite de ne pas enrichir d’uranium à 90%. Une parole et une signature qui ne valent rien. Le plus grave, c’est qu’on a de fait accordé à l’Iran, avec la levée de toutes les sanctions, la conservation de sa capacité technologique de « breakout » – le fait de pouvoir rester au ”seuil”  d’enrichissement et de la fabrication rapide de têtes nucléaires. Alors qu’il aurait fallu exiger le démantèlement de toutes les installations d’enrichissement !

Pis : la levée des sanctions va permettre à l’Iran d’importer librement de nouveaux matériels et technologies militaires, notamment pour fabriquer des engins de lancement. Complètement fou : on a, de plus, accordé à Téhéran la levée de l’embargo sur les armes conventionnelles. L’Iran des mollahs va donc poursuivre tranquillement ses visées stratégiques au Moyen-Orient menaçant non seulement Israël mais…l’Europe. D’ailleurs, après la signature de l’accord bancal, le gouvernement iranien n’a pas caché son triomphalisme et a organisé des manifestations de joie de ses partisans, sur le thème : on a gagné !

Effectivement, ils ont gagné, et sur toute la ligne : autorisation de fait de poursuivre en catimini la montée vers une capacité nucléaire et abolition des sanctions qui étranglaient le régime. Cet accord catastrophique de juillet 2015 est un très mauvais signal envoyé par les Occidentaux au monde entier, et notamment au monde musulman. Une démonstration de faiblesse.

Les petits calculs de Mr. Obama

Tout s’est passé comme si le mystificateur Obama voulait que l’Iran des mollahs puisse accéder à l’arme nucléaire ou du moins se rapprocher du seuil critique. Mais pourquoi donc cette invraisemblable position ? Je formule cette hypothèse : par affect, par idéologie, pour envoyer un message hostile à Israël et un message amical au monde musulman. 

Il faut comprendre qu’ Obama marque une rupture centrale dans les relations entre les USA et Israël. En dépit de ses grandes déclarations, Obama n’aime pas du tout Israël. Netanyahou  a essayé de le défier sur son terrain avec son discours devant le Congrès, pour rallier à sa cause les Républicains et faire capoter l’accord avec Téhéran ; cet épisode est resté en travers de la gorge du président américain. 

Barrack Hussein Obama, sans aller jusqu’à dire comme l’extrême-droite américaine, qu’il est un ”musulman caché” – ce qui est faux – est néanmoins marqué par un étrange tropisme, sinon islamophile, du moins très compréhensif envers l’islam.  On remarquera que contre L’ EI (Dae’ch) et sa barbarie, la coalition menée de fait par les Américains pour l’anéantir n’obtient pas de résultats probants. Comme si l’on se retenait d’aller jusqu’au bout. Ce n’est pas une affirmation, c’est une question.

 Les antisémites aiment à dire que les lobbies juifs pilotent la politique de la Maison Blanche…Si c’est vrai, ces lobbies sont vraiment nuls, car, avec Mr Obama, au niveau des actes (les paroles et déclarations, en politique, n’ont jamais eu aucune valeur), ce n’est vraiment pas ce qu’on remarque. Il s’agirait plutôt des lobbies musulmans… Mr. Obama joue une partie trouble de poker-menteur, il n’est pas clair. Cet acharnement, y compris par des négociations secrètes, à vouloir ”à tout prix” trouver un accord avec le régime des mollahs pose la question de sa véritable ligne diplomatique et géostratégique. L’hypothèse que je formule est qu’il jouerait un double jeu. L’autre hypothèse, celle de sa naïveté et de son inconséquence, me semble moins crédible : il est beaucoup plus intelligent  que son prédécesseur G.W. Bush, le cow boy caricatural.

Pour bien comprendre Obama, je suggère de se plonger dans la sociologie politique (et psycho-politique) des ”Afro-américains” depuis les années soixante. On verrait que le puzzle se reconstitue parfaitement, de manière soft, évidemment…. Mêmes ennemis, mêmes allégeances. Je n’en dis pas plus.

Israël, l’Iran et la politique étrangère US

L’option du Premier ministre Benyamin Netanyahou d’une frappe préventive (aérienne, balistique et par commandos) contre les installations nucléaires militaires iraniennes a donné des sueurs froides au Mossad et aux responsables de Tsahal, l’armée israélienne, qui s’y opposent (pour l’instant). Pour trois raisons : tout d’abord, arguent-ils, une telle frappe ne serait probablement pas validée par les USA et Israël devrait agir seul, au risque d’écorner son lien géostratégique avec Washington ; ensuite la faisabilité de l’opération est difficile sans dégâts collatéraux, catastrophiques pour une image de marque d’Israël déjà fragilisée par une propagande hostile ; enfin, une frappe israélienne contre l’Iran produirait un sursaut nationaliste dans  ce pays, qui renforcerait le régime. Le Mossad est contre une frappe préventive et Netanyahou est pour. Mais les positions peuvent changer, car en histoire, les choses ne se passent pas généralement comme prévu.

En effet, cet accord de juillet 2015 est extrêmement dangereux et débouchera sur des enchaînements incontrôlables. Un jour, à l’occasion d’une crise grave,  on s’apercevra que le régime iranien, nous faisant un pied de nez, révélera qu’il a poursuivi son programme et qu’il possède une aviation et des moyens balistiques à capacité nucléaire. Non seulement Israël (qui détient 80 têtes nucléaires) ne peut pas rester les bras croisés face à cette menace vitale d’un Iran nucléarisé, mais des pays sunnites voisins de l’Iran, notamment l’Arabie saoudite et la Turquie, voire l’Égypte, vont sérieusement chercher à se doter de l’arme nucléaire, au cas où… Une guerre nucléaire qui éclaterait au Moyen-Orient est une option ouverte pour les deux prochaines décennies. Le marché de dupes passé par Mr. Obama et son administration est un exemple de plus de la politique étrangère américaine, complètement erratique depuis, en fait, la guerre du Vietnam. Une fabrique de catastrophes.        

 De fait, on est frappé par l’incroyable pusillanimité, l’incohérence de la foreign policy américaine : en 2003, George W. Bush et le State Department justifiaient l’expédition en Irak par le danger représenté par les ”armes de destruction massives” de Saddam Hussein, totalement imaginaires. En 2015, l’administration américaine obamesque manœuvre pour obtenir un accord bidon avec l’Iran, validé par le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui lui permet objectivement de se doter d’armes nucléaires de destructions massives, bien réelles cette fois-ci ! Autre preuve d’incohérence : les Américains ont fait tout un ramdam, à la fureur des Russes, pour installer en Europe orientale (Pologne notamment) un ”bouclier anti-missiles”, soi-disant contre la menace de futurs missiles nucléaires iraniens. Et voilà maintenant qu’ils ont poussé à un accord biaisé avec Téhéran qui permet au régime de se doter de ces vecteurs nucléaires ! En prétendant que les mollahs ne chercheront jamais à en acquérir. Il faut savoir…  

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