Sacrifice de la défense : erreur majeure

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Cela fait maintenant plusieurs décennies que le budget de la Défense nationale joue le rôle d’une ”variable d’ajustement”. Il ne cesse de baisser en valeur par rapport au PIB.  Les gouvernements de droite comme de gauche ont tous suivi cette pente catastrophique. La Défense est le seul secteur dans lequel l’Ètat fait des coupes sombres et le seul dans lequel il ne faudrait pas en faire ! On préfère payer l’assistanat et l’AME pour les clandestins…

Dans un monde de plus en plus armé où les dépenses de défense des pays émergents explosent, nous désarmons. Au moment où l’on multiplie les OPEX, souvent inutiles (3.000 hommes au Mali), cette politique est incompréhensible. Il y a un risque de déclassement militaire de la France (comme d’ailleurs de celui de tous les pays européens).  Le livre blanc de 2008 avait prévu la suppression de 54.000 postes entre 2009 et 2015. Le socialiste Le Drian en a rajouté 24.000 d’ici à 2019. Si une nouvelle loi de programmation militaire ne vient pas inverser la tendance, l’armée aura perdu environ 80.000 hommes en dix ans.  Les dissolutions de régiments sont aussi une catastrophe pour les économies locales, pour les villes qui hébergeaient des régiments.

Mais un autre problème se pose : le budget de la Défense est hautement technologique et ”industrialisant” comme disent les économistes. En réduisant le budget de la Défense et donc les commandes d’État, (et donc aussi les exportations !) les gouvernements successifs détruisent  peu à peu le remarquable tissu industriel français de pointe concentré sur l’industrie de Défense – véhicules, aéronefs, systèmes d’armes. Ils l’assèchent. Or l’industrie de Défense, ce qu’ont parfaitement compris les Américains, est non seulement créatrice de retombées technologiques civiles (exemple : Internet) mais de créations d’emplois. Le budget de la Défense est le plus créateur d’emplois, et d’emplois de haute technologie.  (Il est actuellement à 1,5% du PIB, il faudrait le remonter à 2,5% au minimum).  La raison est simple : c’est que les matériels  et investissements militaires sont des incorporateurs de technologies majeurs.

En terme de logique macro-économique, voici une comparaison : chaque euro investi par l’État dans les  emplois sociaux  aidés (sans parler de l’assistanat) va créer dix fois moins d’emplois que si l’État investissait dans les commandes militaires. Allez  expliquer ça aux énarques qui peuplent les cabinets ministériels, ils ne comprendront pas. C’est normal : on ne leur apprend que le droit administratif. L’économie réelle, ça reste réservé aux diplômés de HEC ou de l’Essec qui, eux, fuient pour aller vivre ailleurs.   

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