Salaire minimum : la machine à chômage

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Il est extrêmement difficile de faire comprendre les lois de l’économie à des gens qui sont mentalement déformés par la morale et l’idéologie – et ils vont de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Ils sont tous influencés par les relents du marxisme et du christianisme social, ce qui est à peu près la même chose. En gros, ils sont animés par de bons sentiments égalitaires et de justice sociale mais toutes les mesures qu’ils préconisent aboutissent à l’effet inverse du but recherché (hétérotélie). Elles provoquent la paupérisation et le chômage.

Le smic, invention française, est socialement formidable (idéologiquement et moralement) mais anti-social sur le plan pratique car il est un facteur de rigidité dans le marché du travail et donc de destruction et/ou de non création d’emploi. Tout comme d’ailleurs le poids délirant de la réglementation et du Code du Travail français. 

Mais c’est mission impossible que d’expliquer à des esprits idéologisés que les politiques « sociales » de l’État Providence français (lourde fiscalité progressive et redistibutive, allocations chômages exagérées, assistanat généralisé, smic, entraves au commerce le dimanche, charges sociales trop lourdes, 35 heures et RTT, trucage des emplois aidés, etc.) ont pour résultat de faire de l’Hexagone à la fois la zone la plus réglementée de l’OCDE et une des plus touchées par le sous emploi et la précarité. L’un expliquant l’autre. Plus on socialise, plus on appauvrit.

Mme Merkel, cédant au SPD, a accepté un salaire minimum de 8,50 € horaire. La Deutsche Bank estime entre 450.000 et un million d’emplois perdus à cause de cette mesure. Le chômage remontera de 5,3% à 6,7%. En France, le chômage massif est entre autres provoqué par la dissuasion des entreprises d’embaucher du fait des taxations ”sociales” et des contraintes bureaucratiques du droit ”social” et par un coût trop élevé du travail (1). La crise a bon dos. Le smic est un facteur important de chômage. Dès qu’on augmente le smic, on détruit des emplois. Tout en favorisant, par effet de privilège, les salariés des secteurs protégés au détriment des PME et des TPE, les forces vives.

Toute hausse de smic de 1% détruit entre 15.000 et 25.000  postes. (2) Le niveau trop haut du smic dissuade les PME de recruter des jeunes. Ce sont les moins qualifiés qui sont pénalisés par la fixation administrative trop élevée du smic (9,43€ horaire en France). Pour diminuer le chômage des jeunes non qualifiés, il faudrait non pas des emplois aidés bidons ou des allocations qui les dissuadent de travailler, mais abaisser massivement le coût de leur embauche. Ce qui passe par la suppression du smic et le retour à la liberté des rémunérations. L’enfer est dans les détails mais aussi et surtout dans les bonnes intentions de fonctionnaires, de politiciens et d’élus, totalement ignorants des mécanismes de l’économie réelle. (3)

L’offre française de biens et de services (à l’export et en interne) par rapport à la concurrence a été laminée par la hausse du coût du travail : 34 € par heure en moyenne, contre 30 en Allemagne, pays où le niveau de vie est pourtant 15% plus élevé. Mais plombée aussi par les prélèvements sociaux sur les entreprises : 26% de la valeur ajoutée contre 16% en Allemagne. L’OCDE estime que le coût et la surréglementation du travail en France sont responsables d’un déficit de 2,3 millions d’emplois.

À quoi aboutissent in fine le smic, le coût excessif du travail et toutes les dispositions de ”justice sociale ” à la française ? 1) À la scandaleuse et coûteuse surprotection du secteur public élargi et privilégié (9,2 millions de personnes). 2) À l’inexorable montée du chômage réel (catégories A, B et C  de Pôle emploi), soit 5,2 millions de personnes, sans compter les radiés et l’envolée du chômage de longue durée (2,3 millions).  3) À la hausse continue des emplois précaires : on en est à 3,7 millions de CDD. (4)

La Suisse offre un bon contre-exemple à la solution socialiste pseudo sociale française, partagée aussi par la droite. Le Code du Travail y est cent fois moins gros qu’en France, il n’y a pas de salaire minimum (5), le temps de travail hebdomadaire est de 42 heures, l’emploi est flexible, pas d’ISF, très faible taxation de l’épargne et du capital, etc. Bref, c’est l’enfer du capitalisme dérégulé, l’horreur pour nos syndicalistes, nos députés, nos gouvernants, nos intellectuels bureaucratisés. Un enfer où la croissance a été de 2% du PIB en 2013, où le taux de chômage est de 3,2%, où le salaire moyen mensuel est de 3.262 € et le revenu médian de 4.200 € mensuels.

Peut-être trouverait-on derrière tout cela l’opposition ethno-culturelle entre une morale protestante qui privilégie le travail, l’enrichissement, la liberté créatrice et une morale catholique (ou para-marxiste, c’est voisin) qui préfère l’égalitarisme, le caritarisme, le collectivisme, qui se méfie des ”riches” et de la ”finance” mais qui, aussi, n’aime pas vraiment le travail, assimilé à un esclavage. La première morale réussit, la seconde échoue. La première morale veut fait disparaître les pauvres en les rendant riches. La seconde morale aime tellement les pauvres qu’elle a besoin qu’ils le restent pour les aider.     

(1) Ce qui provoque par effet pervers, quand on a besoin d’embaucher, le recours à une main d’œuvre étrangère d’Europe orientale , provisoirement expatriée et payée à bas coût selon les législations de ces pays membres de l’UE. 

(2) Selon le Centre de recherche en économie et stratégie.

(3) Le problème central des élites françaises, trop intellectuelles, c’est le refus du pragmatisme, au profit de la théorie, de l’idéologie et de la morale. Avec un surmoi marxisé, les élites françaises pensent qu’il faut déduire la pratique de la théorie, alors qu’il faut faire l’inverse.  

(4) Sans parler du coût global de l’immigration et de ses allocations qui alourdissent un peu plus les prélèvements sur les forces vives.

(5) Certains en Suisse, veulent installer un salaire minimum honoraire, ce qui serait une lourde erreur. 

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