Une guerre nucléaire est pratiquement inévitable. Scénarios

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Préparez-vous à une guerre nucléaire au cours de la première moitié de ce siècle, avec l’engrenage dramatique qui s’ensuivra. Il s’agira d’ailleurs de plusieurs foyers géographiques de guerre nucléaire, en métastase combinée. Avec l’hypothèse haute de frappes nucléaires terroristes dévastatrices qui n’épargneront pas la France. Voici les parties de cet article : 1) Tolérance aveugle pour l’Iran. 2) Vers un affrontement avec Israël : la seconde Shoah.  3) La fin de la stabilité stratégique. 4) Et la Russie ?  5) Le nœud de vipères du Moyen-Orient. 6) Le danger pakistanais et asiatique. 7) Le terrorisme nucléaire islamique : hypothèse très sérieuse.  8) Échelle des probabilités d’un traumatisme nucléaire.

 Temps de lecture : 13 minutes.

Tolérance aveugle pour l’Iran

Le récents accords nucléaires passés entre l’Iran et les puissances occidentales et qui seront confirmés le 30 juin par un protocole définitif, sont catastrophiques pour les uns (notamment pour le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et  les Républicains du Congrès américain, qui crient à un ”Munich”) et très bénéfiques pour les autres, c’est-à-dire les autorités iraniennes. En dépit des diverses mesures de contrôle et de limitation drastiques, le régime théocratique de Téhéran conserve sa capacité de fabriquer des armes nucléaires. 

Cet accord bancal et purement diplomatique barre mollement la route à l’Iran sur la voie du nucléaire militaire et pourra être facilement contourné. L’Iran demeure ”au seuil” de la production de bombes. L’Occident a sévèrement reculé, sous la pression d’Obama, qui est un roué, adepte du double discours, opposé en apparence à toutes les armes atomiques (c’est pour cela qu’il a reçu son Prix Nobel de la Paix) et qui manifeste une singulière sympathie et une étrange mollesse envers le monde musulman.  Attitude invraisemblable. La déclaration cynique et provocatrice d’un responsable du gouvernement iranien sur la disparition souhaitable d’Israël, juste après l’accord, a évidemment fait froid dans le dos à ”Bibi” Netanyahou. Ce dernier, qui a été incapable d’arrêter la stupide et contre-productive politique de colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, se prépare à une confrontation nucléaire avec l’Iran.  

Israël qui, grâce à la France, a bénéficié de la technologie nucléaire militaire, possède des sous-marins livrés par l’Allemagne qui sont capables d’effectuer des frappes de moyenne portée (1.500 km) et, bien entendu, dispose d’un vecteur aérien très performant. Tsahal détient environ 80 ogives kilotonniques. Israël est une puissance nucléaire de fait, non-officielle, qui n’appartient pas au club des cinq pays qui ont signé le TNP, le Traité de non-prolifération. C’est une puissance nucléaire inavouée, à l’inverse de l’Inde, du Pakistan et de la Corée du Nord, qui ont reconnu leurs capacités nucléaires. Le premier choc nucléaire, après Hiroshima et Nagasaki, opposera peut-être Israël et l’Iran.

Vers un affrontement avec Israël : la seconde Shoah

Le but du régime iranien est bel et bien la destruction d’Israël, considéré comme État illégitime. Cela a été récemment rappelé par un des mollahs du gouvernement de Téhéran auxquels Mister Obama accorde une si grande confiance. Il existe une sorte de compétition entre sunnites et chiites pour  savoir lesquels d’entre eux détestent le plus Israël, comme une sorte de brevet d’islamisme authentique. Le régime Iranien fait depuis longtemps (depuis Khomeiny) de la surenchère anti-israélienne et antijuive afin de damer le pion aux sunnites et notamment à l’Arabie : il s’agit de prouver à l’umma musulmane dans le monde entier que l’Iran chiite est le premier dans la lutte contre l’ennemi commun israélien et juif. Malgré les négociations en cours sur le programme nucléaire iranien,  l’affirmation de la volonté d’éradiquer Israël est répétitive chez les dirigeants de Téhéran.     

Du fait de sa petite superficie, des frappes nucléaires même limitées sur l’État hébreu seraient dévastatrices. Et, en cas de conflit nucléaire avec Israël, la dissuasion de l’arsenal hébreu risque de ne pas fonctionner : le fanatisme du régime des mollahs est prêt à sacrifier une partie de sa propre population. L’effet recherché par un Iran nucléarisé est avant tout de créer la terreur en Israël, en provoquant la fuite d’une partie de la population ; d’abord par la menace et ensuite, éventuellement, par des destructions massives. La mort d’Israël, ou la seconde Shoah, constitue évidemment un des fondements idéologiques du pouvoir iranien.    

La fin de la stabilité stratégique

Barack Obama, en 2009, peu après son arrivée au pouvoir, dans son discours de Prague avait espéré un monde débarrassé des armes nucléaires.  Pure utopie qui a bien fait rire les analystes du Pentagone. Le désarmement nucléaire mondial est un rêve. On assiste au contraire à une extension des capacités d’accès à l’arme atomique. 

Bien que le nombre d’ogives nucléaires ait baissé dans le monde (22.600 en 2010, 16.3000 en 2014) du fait d’un délestage de stocks inutiles par les USA et la Russie,  tous les experts estiment que la probabilité d’une utilisation de l’arme nucléaire ne cesse d’augmenter. Non seulement de nouvelles puissances nucléaires sont apparues (Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord), mais plusieurs États mettent en place des programmes nucléaires clandestins. Outre l’Iran, il y a l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la Turquie, l’Algérie… Même le Japon, la Corée du Sud et l’Indonésie y songent. Le  mythe de la non-prolifération s’effondre. À l’ ”équilibre de la terreur”., succède, dans un monde polycentré et anarchique, la dispersion de la terreur.

Les arsenaux d’armes dites ”tactiques” (de puissance limitée, dites ”de théâtre”) se développent et font craindre un abaissement du seuil d’emploi de l’arme nucléaire. De plus, la probabilité que cette dernière se retrouve entre les mains de groupes terroristes islamiques grandit. Nous vivons la fin de la stabilité stratégique. Le monde devient un saloon où de plus en plus de cow-boys sont armés, la main sur la gâchette ; et le barman ne contrôle plus rien.

Il y a actuellement cinq puissances nucléaires effectives, c’est-à-dire capables d’effectuer des frappes de manière autonome : USA, Russie,  France, Chine, Israël, Inde, Pakistan – la Grande Bretagne n’étant pas une puissance nucléaire puisqu’elle dépend des USA pour la fourniture de ses matériels et qu’elle est soumise à la règle de la ” double clé”, c’est-à-dire l’autorisation de frappe par Washington. Quant à la Corée du Nord, on ignore si elle peut déjà utiliser des vecteurs à tête nucléaire. 

Aujourd’hui, les trois  puissances nucléaires majeures sont les Etats-Unis, la Russie et la France. Elles sont les seules à disposer de missiles intercontinentaux (plus de 8.000 km. de portée) avec des têtes à dispersion multiple (”mirvées”), tirables à partir de submersibles, et avec des bombes H si nécessaire.  La Chine rejoindra bientôt ce club.  (1)

Et la Russie ?

 Sur la chaine publique Rossia I,  Vladimir Poutine a déclaré qu’il avait songé à l’option nucléaire en mars 2014 en cas d’intervention militaire occidentale contre le rattachement de la Crimée à la Russie. Dès le début de la guerre en Ukraine, le gouvernement russe, estimant que l’Occident était le provocateur, a suspendu sa coopération au traité New Start de limitation des arsenaux nucléaires.

On peut se demander si Washington ne joue pas un jeu très dangereux, à l’occasion du confit ukrainien, pour forcer la Russie à utiliser des frappes nucléaires tactiques. La provocation du bouclier anti-missiles avait déjà fait rugir Moscou. À mon sens – ce n’est qu’une hypothèse, mais je la crois sérieuse – des lobbies militaro-industriels  américains cherchent, avec une habileté redoutable, une guerre nucléaire de basse ou de moyenne intensité avec la Russie. Les provocations sont constantes depuis dix ans. Évidemment d’importantes forces s’opposent aux Etats-Unis à cette stratégie suicidaire.   

Il paraît que les bombardiers stratégiques russes armés de bombes nucléaires survolent impunément l’Europe, d’après la propagande officielle relayée par les médias, digne des plus mauvais gimmicks de la propagande soviétique. J’ai très peur que Paris, où je réside, soit bombardée par les Russes. J’espère, habitant près de l’Ambassade de Russie, que je serai épargné. J’ai très peur aussi des frappes des flottes galactiques extraterrestres.

Restons sérieux : en dépit de la propagande, l’utilisation de l’arme nucléaire par la Russie est très improbable. En revanche, le recours au nucléaire tactique par les Etats-Unis, principalement contre la Russie, n’est pas à exclure en cas de dérapage militaire aux frontières de la Russie. Les faucons du Pentagone peuvent péter les plombs, comme cela s’est produit en Irak et en Serbie. Ce dérapage et une escalade, qui suivraient des provocations, peuvent déboucher sur une catastrophe en Europe centrale. 

Le nœud de vipères  du Moyen-Orient

Reprenons maintenant la question iranienne. Les puissances occidentales ont renoncé, au grand dam d’Israël, à leur volonté de démanteler le programme nucléaire iranien et ont décidé d’autoriser le régime à conserver une capacité d’enrichissement de l’uranium. Donc non seulement l’Iran pourra fabriquer des bombes atomiques, mais le risque de prolifération dans la région (Arabie et Égypte sunnites qui se sentent menacées) est accru. Le régime totalitaire des mollahs chiites, qui ment comme il respire quand il prétend qu’il ne vise qu’à une capacité pacifique électronucléaire, cherche à posséder l’arme atomique (ogives et lanceurs) pour des raisons de fierté nationale, de souveraineté et d‘hégémonie régionale. Il est très improbable qu’il n’y parvienne pas. L’arme nucléaire permettrait (pardon, permettra) à l’Iran non seulement de défier l’Arabie mais d’en découdre avec Israël.

L’Arabie est bien décidée à se lancer dans la course à l’atome, que les négociations actuelles – de toutes façons truquées – échouent ou pas, comme l’a affirmé le prince saoudien Turki al-Faycal. L’Arabie investit actuellement dans l’acquisition de la technologie des missiles. Pour quoi faire ? Pour lancer des satellites de télécom ou tirer des feux d’artifices ? Un Iran nucléarisé provoquera la nucléarisation de l’Arabie, de l’Égypte et de la Turquie. Et ça peut aller très vite parce que le Pakistan fournira les technologies. De plus, toutes ces puissances moyen-orientales ont été échaudées par les interventions militaires occidentales, aussi catastrophiques qu’illégales, en Irak et en Libye. Détenir l’arme nucléaire est pour elles une assurance de dissuasion. 

Le Moyen-Orient  comporte un risque de cascade nucléaire. L’Égypte est déjà dotée d’un savoir-faire nucléaire et la Turquie cherche à un acquérir un ; ce dernier pays, sous le régime islamique ”modéré” d’Erdogan – qui n’est plus ni moins qu’un satrape fanatique en costume-cravate –  se radicalise, joue un double jeu face à Daech (ou État islamique), aide directement  al-Nosra contre Damas, et, bien que membre de l’OTAN, distend ses liens avec les pays européens et est passé du statut d’allié stratégique d’Israël à celui d’ennemi. 

Au Yémen, l’Arabie et l’Iran se mènent actuellement une guerre par procuration, qui monte en puissance, sunnites contre chiites. Ce conflit est une guerre de religions autant qu’un affrontement géopolitique. L’affrontement direct entre l’Arabie et l’Iran est parfaitement possible.  

Parlant d’un risque de « cascade nucléaire » au Moyen-Orient, Isabelle Lasserre écrit : « dans une région ravagée par les conflits, pénétrée par les courants islamistes les plus radicaux, l’hypothèse d’une nucléarisation du Moyen-Orient représente un danger stratégique considérable » (Le Figaro, 30/03/2015)

Le danger pakistanais et asiatique

Après le Moyen-Orient, le risque d’un conflit nucléaire concerne aussi l’Extrême–Orient. L’Asie comprend trois puissances nucléaires : Chine, Inde, Pakistan. Les conflits frontaliers sont permanents. L’Inde est en hostilité chronique avec les deux acteurs précités ; elle s’est déjà frottée au Pakistan au cours de plusieurs affrontements militaires conventionnels. Ces trois puissances  modernisent et sophistiquent leur arsenal. En cas d’escalade militaire, le recours aux frappes atomiques, d’abord tactiques, serait probable.

Le régime d’Islamabad est le maillon faible. L’armée pakistanaise est radicalisée, le pays comme le pouvoir sont gangrénés par des groupes djihadistes fanatiques. Non seulement, en cas de conflit, une oligarchie peut décider, sans aucun souci des conséquences, le recours à l’arme nucléaire, mais la sécurité de l’arsenal nucléaire pakistanais (entre 100 et 120 ogives kilotonniques) n’est pas du tout assurée. Des technologies, voire même des armes, peuvent être clandestinement fournies à des groupes terroristes ou à d’autres pays.  

Et puis, ne négligeons pas le cas de la Corée du Nord, qui muscle, par provocation contre son frère ennemi du Sud et contre les USA, sa capacité nucléaire naissante. Ce régime délirant, cette monarchie héréditaire marxistoïde des Kim sera d’autant plus agressive  et suicidaire qu’elle se sait condamnée à terme. Elle sera tentée de finir dans l’apothéose apocalyptique nucléaire.

Il faut mentionner aussi la tension permanente de la Chine avec Taïwan et une hostilité persistante avec le Japon, sur fond de conflits maritimes croissants. Le Japon et la Corée du Sud n’ont plus confiance dans la protection américaine et dans son ”parapluie nucléaire”, surtout depuis la reculade d’Obama en 2013 à propos de la ”ligne rouge” de l’utilisation des armes chimiques par le régime syrien. Les USA ne sont plus considérés comme un père protecteur. Le Japon et la Corée du Sud, où le nationalisme se développe, songent sérieusement à se doter de capacités nucléaires dans un monde de plus en plus imprévisible. Vu leur très haut niveau  technologique, c’est pour eux un jeu d’enfant.

Le terrorisme nucléaire islamique : hypothèse très sérieuse.

Des frappes terroristes de nature nucléaire et d’origine islamique sont lourdement envisageables  dans les dix ans à venir. On assiste à une montée en puissance des attentats islamiques. Il est évident que, depuis longtemps, des djihadistes songent à des attentats nucléaires (ou ”radiologiques”, sous forme de bombes sales radioactives mais sans effet de souffle ignifiant) contres des villes occidentales. Ils sont à la recherche de la technologie de base : le Pakistan, voire l’Iran, peuvent leur fournir. Un tel forfait se prépare forcément quelque part à l’heure où vous lisez ces lignes. 

 Ces attaques risquent d’avoir lieu sous deux formes possibles : 1) l’explosion d’une bombe A rudimentaire placée dans les soutes d’un avion en approche à 1.500 m. au dessus d’une conurbation – par exemple un avion cargo international. 2) Une explosion au sol dans un bâtiment, un camion ou un navire dans un port. La première hypothèse est la pire. Ce serait le 11 septembre puissance dix.  Les effets seraient comparables voire supérieurs à ceux d’Hiroshima. On imagine les conséquences…Ce scénario nous pend au nez. Les cibles sont innombrables, c’est la loterie : Paris, Bruxelles, Amsterdam, Londres, Berlin, New-York, Moscou, Rome, Tel-Aviv, etc.

Partout dans le monde, la commission d’un attentat nucléaire est à la fois le rêve et l’obsession des groupes islamiques radicaux. Compte tenu de l’état de faiblesse mentale de l’Occident – notamment de l’Europe – ils estiment qu’un tel acte ne provoquera pas un mouvement de fureur contre l’islam mais de terreur, donc une reculade et une soumission.

Échelle des probabilités d’un traumatisme nucléaire

Une grande partie des risques nucléaires concerne l’islam. Mais pas tous. Voici une évaluation de l’échelle des risques, sans pouvoir dater, mais en tout cas, avant le milieu du siècle.

1. Conflit nucléaire Iran-Israël : 60%. Implication probable des USA.

2. Conflit nucléaire Corée du Nord-voisins (Corée du Sud, Japon) : 50%. Implication probable des USA.

3. Conflit nucléaire Iran-Arabie : 20%

4. Conflit nucléaire Inde-Pakistan : 40%

5. Conflit nucléaire Russie-OTAN : 10%. En fait, USA-Russie.

6. Conflit nucléaire Chine- USA et alliés asiatiques : 10%

7. Attentat(s) terroristes nucléaires djihadistes contre des villes occidentales ou autres : 60% 

Les  points d’infection sont donc  très nombreux. Statistiquement, il est peu probable que tous les pansements puissent agir. Par recoupement des paramètres, on peut estimer à 100% la probabilité d’un conflit nucléaire.

Le mode de raisonnement des fanatiques (qu’ils soient islamiques ou autres) n’est pas du tout le même que celui de la guerre froide entre Occidentaux et Soviétiques. À l’époque, il ne s’agissait que de dissuasion ; l’arme nucléaire était considérée comme suicidaire. Aujourd’hui, chez les nouveaux acteurs, on se moque pas mal des conséquences de l’emploi de l’arme nucléaire, même sur son propre peuple, qu’on envisage parfaitement de sacrifier partiellement. Toute notion de prudence a disparu. On considère l’option nucléaire comme une option conventionnelle, plus de tabou. 

 Les mécanismes de contrôle international  contre la prolifération nucléaire sont de pures et simples plaisanteries. De toutes façons, il faut être cynique et réaliste : on n’a jamais vu, dans l’histoire, une arme ou un moyen de destruction ”ne jamais être utilisés” ou ”n’être plus jamais utilisés”. L’arme nucléaire n’a, pour l’instant, été employée que contre le Japon, à deux reprises, en 1945, par les USA. Pendant la guerre froide URSS/Occident, l’équilibre de la terreur a empêché le recours au nucléaire, parce que ça ne servait à rien. C’était la doctrine du MAD (”fou” en anglais ou mutual assured destruction). Mais aujourd’hui, la donne a changé.  Il ne s’agit plus de capacités nucléaires détenues par des acteurs à l’esprit froid (Soviétiques et Occidentaux) mais de capacités détenues par des acteurs multiples à l’esprit chaud, pour ne pas dire enflammés.  

Une utilisation de l’arme nucléaire est donc quasi certaine prochainement. Dans 20 ans, de nombreux pays vont en être dotés. Le franchissement du seuil tabou d’utilisation de cette arme, qui était le dogme géostratégique du monde depuis 1945, risque d’être transgressé. Les conséquences seront considérables. Les effets d’une ou plusieurs guerres nucléaires éclatant sur la planète dans les décennies à venir ne seront pas terriblement meurtriers dans un premier temps puisqu’il s’agira de frappes tactiques. Mais les  bouleversements psychologiques seront énormes et l’on assistera à une déstabilisation de toutes les relations internationales, ainsi que tous les rouages économiques. D’autre part, on peut prévoir un phénomène d’enchaînement, c’est-à-dire le passage aux frappes stratégiques visant les conurbations et les infrastructures industrielles.

La mondialisation n’est pas un facteur de paix universelle mais de guerre généralisée. Nous entrons dans l’ère atomique militaire et il faut s’y préparer avec sérénité et surtout sans angélisme.

1) Selon l’AIEA, la Russie détient 8.000 ogives (warheads) nucléaires, les USA 7.300, la France 300 et la Chine 250.

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