Déraillement de Brétigny et comportement de F. Hollande

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Le 12 juillet, l’express Paris-Limoges déraille à Brétigny-sur-Orge. Six morts, une centaine de blessés. Certes, c’est un grave accident de chemin de fer, mais ce n’est pas une catastrophe nationale. Les médias et surtout les journaux télévisés s’emparent de l’affaire : c’est un ”événement” majeur. Néanmoins, le bilan est moindre qu’une seule journée d’accidents de la route en France. Pourtant, non seulement le directeur de la SNCF vient sur place (normal), mais aussi le ministre des Transports (à peu près normal), le ministre de l’Intérieur et la ministre des Affaires sociales (pas très normal) et…le Président de la République, M. Hollande, pour faire son petit discours et réconforter les victimes face aux caméras. Là, ce n’est plus du tout normal.

En analysant ce fait divers anodin, on mesure à quel point la parole et la présence du président de la République, chef de l’État, se dévalorise. N’a-t-il pas mieux à faire de son temps que de se déplacer et de se faire filmer (pour des raisons évidemment électorales) au moindre événement médiatisé, accident ferroviaire, inondation, et demain, quoi encore ? C’est le signe d’une banalisation, d’une vulgarisation de la fonction souveraine ; mais aussi d’une grande fragilité de notre société qui a besoin d’un ”président-nounou”. Un président qui n’est pas un véritable homme d’État, mais un élu par manœuvres et par défaut, dépourvu d’idées claires, attentiste, indécis.

Un vrai chef d’État n’a pas à se déplacer au moindre accident de transport, à la moindre inondation ou tornade. Il a des subordonnés pour cela. Son rôle est de déterminer la politique de la Nation, et de ménager sa parole. Pas d’aller courir devant les caméras au moindre fait divers tragique.  Mais cela suppose une certaine hauteur : une notion proprement incompréhensible pour des apparatchiks et des énarques  drogués à la ”communication”. 

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