Malbouffe et bureaucratie européenne

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On connaît les problèmes de santé posés par la généralisation de la nourriture industrielle délivrée par l’industrie alimentaire et la grande distribution. Pesticides et adjuvants chimiques cancérigènes, produits sans goût, absence de traçabilité sérieuse, mensonges massifs sur la composition réelle des produits, imposture du ”bio” qui, souvent, n’est est pas, consommation de fruits et légumes hors saison produits sous serre ou importés congelés du Sud, etc.

Quelques exemples pris au hasard : le ”miel” de grande surface ne provient pas vraiment de ruches, des sucres industriels lui ayant été rajoutés. Les fromages, les pseudo camemberts, par exemple, contiennent des graisses animales. Les viandes des plats préparés ou les viandes hachées comportent des déchets organiques qui s’ajoutent aux muscles. Les crevettes ou les gambas élevées ou pêchées en Europe sont envoyés en Asie pour être décortiquées (main d’œuvre à bas coût) puis rapatriées par mer en containers de congélation. Les mentions ”made in France” ou ” fabrication française” sont illusoires, puisqu’il suffit qu’une seule opération (conditionnement par exemple) ait été effectuée en France pour qu’on appose cette mention trompeuse. Etc.

Comme dans bien d’autres domaines, la bureaucratie de l’Union européenne a aggravé les choses. Plutôt que de protéger l’Europe, l’Union européenne l’affaiblit. D’abord par son idéologie libre-échangiste et mondialiste dogmatique devant lesquels les gouvernements français, de droite ou de gauche, s’aplatissent (1). Ensuite, parce que les contrôles sanitaires et vétérinaires nationaux ont été réduits à la portion congrue par les mécanisme européens. Sans oublier ce fait très grave, qui s’ajoute aux excès de pouvoirs structurels de la Commission : le lobbying. En cette matière, comme dans d’autres, Bruxelles est le premier centre mondial de corruption des parlementaires et fonctionnaires par les lobbies industriels, sans qu’aucune réponse judiciaire n’ait jamais été apportée. (2)

De plus, il ne faut pas oublier deux autres phénomènes socialement et économiquement désastreux : 1) la mort lente de l’agriculture familiale des petites exploitations, fiscalement écrasées, alors que l’agriculture industrielle polluante bénéficie prioritairement des subsides de la PAC (politique agricole commune) et alors que les mises en jachère de terres fertiles s’accélère ; 2) le recul rapide des petits commerces de proximité, notamment de bouche, au profit de grandes surfaces aux offres de produits de basse qualité, pas forcément moins chers ; et ce, dans les zones urbaines ou rurales. L’État français n’est plus capable de mener une politique économique indépendante.

Dire tout cela, ce n’est pas critiquer l’idée européenne, mais dénoncer son détournement par le fonctionnement actuel de l’Union européenne. Cette dernière agit objectivement contre l’Europe, ses peuples et ses nations.  Elle les paralyse, les rend impuissants. On le voit en matière économique comme pour l’immigration. Bien sûr, il y a partout des initiatives pour rétablir les circuits courts de distribution, le ”local” ; mais ce sont des gouttes d’eau dans la mer. Les choses ne pourront vraiment changer qu’à deux conditions : abolir le socialisme intérieur et abolir le libéralisme extérieur. Marcher sur les pieds et non plus sur les mains.

(1) Tout laisse craindre que le gouvernement français et la bureaucratie européenne vont céder face aux injonctions américaines dans le futur accord de libre-échange euro-américain. Comme on a cédé face à la Chine.

 (2) Pour parler clairement, le lobbying est une des activités de corruption qui échappe aux lois. C’est une invention géniale de la ”démocratie” américaine.  Les lobbies ne ”convainquent” pas les parlementaires ou les fonctionnaires, ils les payent.  C’est un système de corruption international parfaitement toléré. Les fonctionnaires (surtout les pontes de la Commission ) et les parlementaires européens sont au centre de ce système de corruption passive. Aucun juge ni aucun agent du fisc n’ira leur chercher des poux dans la tête. 

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