Parlons de l’antisémitisme en France

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Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), s’est inquiété  de la montée de l’antisémitisme en France citant l’arrestation à la mi-juillet « d’un néonazi en Corrèze où il n’y avait probablement aucun juif dans un rayon de 50 km ».  Il a ajouté : « Je constate souvent que l’antisémitisme est la conséquence d’une attitude de haine de l’autre », dans une déclaration à la presse digne de M. de la Palisse à l’issue d’un entretien avec le président François Hollande à l’Elysée.

 Il a pris pour exemple l’arrestation d’un certain Kristian Vikernes, 40 ans, ancien repris de justice criminel, possesseur  compulsif de carabines 22 LR,  auteur sur Internet de propos antijuifs, semblant représenter le même danger que son concitoyen Breivik (l’auteur de la tuerie de 77 personnes à Oslo) et soupçonné par le parquet de Paris de visées terroristes. Cet individu, « proche de la mouvance néonazie » selon le ministère de l’Intérieur, est finalement poursuivi pour propos antisémites et racistes et non pour visées terroristes. M. Cukierman de préciser : « face à l’accroissement du nombre et de la gravité des actes antisémites […] on est dans une situation où les valeurs de la République doivent être défendues ». Estimant qu’il faut « un antidote » contre ce « poison pour la République », il a suggéré « d’en faire une cause nationale ». Chiche : dans ce cas, il faudrait lever un tabou terriblement gênant.

 Ledit K. Vikernes relève de la psychiatrie, pas de la sociologie politique. En réalité, M. Cukierman omet de préciser un fait sociopolitique majeur. Comme je l’ai expliqué dans mon essai La Nouvelle Question Juive (Éditions du Lore), l’antisémitisme, ou plutôt l’antijudaïsme, connaît un renouveau en France non pas du tout du fait de ce qu’on nomme l’ ”extrême droite” ou de cercles ”néonazis” mais plutôt à cause de la présence de plus en plus importante de musulmans ou d’immigrés extra européens antijuifs. L’immense majorité des actes antijuifs, en particulier les agressions y compris meurtrières, – voir l’affaire Merah et avant elle le calvaire après tortures de Ilian Halimi – provient d’auteurs d’origine arabe ou africaine. Et non pas de milieux dits d’ ”extrême droite”. L’antijudaïsme de la mouvance ainsi qualifiée est résiduel. Il ne touche, sous le paravent classique d’ ”antisionisme”, que des cercles limités, presque tous islamophiles par ailleurs.  À part ces groupuscules très folkloriques et très peu dangereux, l’antijudaïsme a déserté sociologiquement l’opinion nationaliste de souche ainsi que les partis dits ”populistes” en France, en Belgique, aux Pays-Bas, etc. Le ”nouvel antijudaïsme” n’a rien à voir avec celui des années 30, qu’on nous ressort tout le temps comme un épouvantail.  Voilà donc des faits, qui ne cadrent pas avec l’idéologie dominante.

Mais cette dernière, comme le pouvoir qui la représente, sont très ennuyés. Contradiction insurmontable : d’un côté, on combat l’antisémitisme (ou antijudaïsme) mais de l’autre, on protège, on adore, on adule ces populations immigrées musulmanes dans lesquelles se recrutent l’immense majorité des antijuifs. La même contradiction se retrouve avec le féminisme et l’homophobie, suivant le même schéma : les propos et actes homophobes ou misogynes se rencontrent très majoritairement dans cette population. La gauche bien-pensante est embourbée dans une série d’impasses de ce type.    Si les sociologues du CNRS voulaient enfin faire œuvre utile, ils devraient faire une recherche sur le thème ” qui sont et où sont les antisémites en France ? ” Une visite de certains sites Internet leur serait bien utile. En tout cas, certains intellectuels juifs devraient ouvrir les yeux.

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