Picasso, ou l’imposture artistique

Il était une fois un petit peintre espagnol de qualité très moyenne mais doué d’un exceptionnel génie commercial, on dirait aujourd’hui ”marketing” : Pablo Picasso. Jouant sur le snobisme de la bourgeoisie du début du XXe siècle et avide de succès et de fortune, il fut le véritable père de l’ « art contemporain », nommé aussi « art conceptuel » formidable imposture qui repose sur trois postulats : 1) l’art plastique ne demande plus d’efforts ni de savoir faire technique, encore moins d’inspiration poétique ; 2) il doit reposer sur des ”concepts”, parfois politiques et toujours décalés ; 3) il doit déconstruire l’esthétique et, par subversion des normes et des valeurs, produire des formes laides ou aberrantes. 

Mais le point le plus astucieux est le n°1 : le soi-disant artiste n’a plus de travail difficile à fournir, il peut produire à toute allure sans savoir-faire artistique. Et donc gagner éventuellement beaucoup d’argent.  Avec une vanité et une autosatisfaction dépourvues de tout sens du ridicule.

 L’actuelle polémique sur le Musée Picasso, dans laquelle le Premier ministre, Manuel Valls, est intervenu et où les héritiers du peintre se sont fortement impliqués (pour des raisons financières, évidemment) nous renseigne sur cette sacralisation de Picasso, le pseudo” maître”.

Icône indéboulonnable, génie intouchable, l’imposteur Picasso était le premier à rigoler du génial canular qu’il avait monté. Il était le premier, dans quelques confidences, à ne pas se prendre au sérieux et à se gausser de tous les gogos qui le tenaient pour un génie et qui construisaient sa notoriété mondiale et sa fortune. Salvador Dali lui-même qui se considérait comme un peintre de qualité moyenne, dans une apparente fausse modestie qui n’en était pas une, jugeait son compatriote avec sévérité : un petit peintre, qui aurait complètement raté sa carrière s’il ne s’était pas avec perspicacité lancé dans l’imposture artistique. 

Lors de sa première période, dite ”période bleue”, Picasso, qui au moins savait à peu près dessiner, a commis des œuvres moyennes (par exemple, l’Autoportrait, 1901, du sous Van Gogh) mais très en dessous de celles des grands peintres. Il a alors changé son fusil d’épaule, optant pour le gribouillis, le dessin enfantin, facile a faire. Mais avec l’extraordinaire intuition médiatique que son canular allait marcher.

Les surréalistes ont, dans les arts plastiques comme en littérature, parfaitement suivi le chemin de Picasso. Pas de talent, pas de travail, pas d’effort, de l’esbroufe, des relations publiques. César, Jeff Koons, Calder et des centaines d’autres, des plus médiatisés aux plus obscurs, sont les enfants du grand Picasso. Canular, canul-art, art nul.

Ce qui frappe, dans l’œuvre de Picasso, ce n’est pas seulement un travail bâclé mais aussi le parti-pris de la laideur. Le talent artistique est absent ; il est remplacé par le talent conceptuel et médiatique, qui se fait passer pour de la ”sensibilité”.  ll était, par exemple, bien incapable de faire un portrait ressemblant, de peindre des ombres, un regard, un drapé, un clair obscur ; incapable de rendre une atmosphère. Tout est dans les à-plats de couleurs et les schémas à gros traits, les graffitis avec des distorsions de formes faciles, répétitives et sans originalité. Et ne parlons pas des ”sculptures” de Picasso qui, plus encore que ses toiles, manifestent une nullité volontaire, une laideur provocante de la part d’un homme cynique qui se moquait du monde.

Aucune des œuvres de Picasso ne fait rêver et n’accroche l’imagination. Devant une huile de Van Dick, de Rembrandt ou même de pompiers du XIXe (si injustement décriés) comme Jules Joseph Lefebvre, on reste un certain temps à les contempler. Devant des cimaises où sont accrochés des Picasso, indigents et difformes, les foules défilent en jetant de brefs regards. Aucune émotion d’en émane.

D’ailleurs, une évidence, que bien peu de critiques relèvent, démontre l’imposture picassienne : le nombre pharamineux des ”œuvres”, toiles ou dessins. La collection des réserves du musée occupe plus de 1.000 mètres carrés, et encore ne s’agit-il que d’une petite partie de la production stakhanoviste de l’”artiste”. Un tel quantitativisme est, dans tous les domaines de la création, incompatible avec la qualité.

Picasso est donc l’emblème inaugural de la gigantesque blague de l’art contemporain, nouvel art officiel politiquement correct et divinisé, devenu, de plus, d’un académisme et d’un conformisme affligeants. Le scandale de ce dernier n’est pas seulement l’explosion des prix d’œuvres nulles, souvent commandées ou achetées à prix d’or par les musées et les pouvoirs publics, qui font l’objet d’une spéculation internationale. C’est aussi  la mise sous le boisseau des véritables artistes contemporains dont le travail et le talent ne sont pas reconnus.

Aujourd’hui, n’importe quel artiste complètement stérile mais bien en cour peut exposer et vendre, sans aucun savoir-faire ni talent, son ”concept”, comme on le voit chaque année à la FIAC (Foire internationale de l’art contemporain), temple du mauvais goût et du naufrage artistique. Cette absence de créativité, proportionnelle à la vanité et à la cuistrerie des ”artistes”, se retrouve aussi dans la littérature et dans l’architecture.  Jusqu’à quand, cette barbarie ?

  • caboula

    Hmmm. Autant je respecte pas mal de vos opinions, autant là je ne vous suis pas. Dali était un imposteur, bien plus que Picasso. Picasso savait peindre, Dali ne savait que jouer au pseudo subversif. Je n’aime pas beaucoup l’art de picasso mais on est loin des immondices de Dali. Alors utiliser des arguments de Dali pour décrédibiliser Picasso, c’est assez risible. La verve n’est pas méritée, Picasso n’a jamais prétendu être Van Gogh, personne d’autre que Van Gogh n’est Van Gogh, cela étant, comme des dizaines de milliers de peintres, Picasso sait faire du réalisme, mais ces dizaines de milliers de peintres doivent bien trouver un moyen de subsistance car qui veut encore des merveilles de réalisme à l’heure de l’appareil photo … il a trouvé un style qui lui est propre, on aime ou on n’aime pas, mais et alors ? C’est pas aussi à chier que Skyman et ses canulars, admettez le.

  • AD

    Excellent article.
    La musique aussi souffre de ce virus d’ailleurs.
    Il y a 3 ans j’avais vu à Murano des sculptures hideuses dans un musée, j’avais dis assez fort « mais c’est laid! » une touriste française c’était retourné choqué et je lis l’indication juste en bas, je vois « Picasso ».
    C’était une sorte de tête de diable en verre de Murano.

  • AD

    @caboula

    Je vois pas le rapport avec l’appareil photo et le réalisme des peintures, si demain je veux du visuel sur un pan de mur je vais pas collé des photographies mais faire peindre les personnages.
    si je veux un visuel représentant des héros de la mythologie grecque ou prophète de la bible je vais pas photographié des gens dans une mise en scène et faire un énorme poster sur mon mur, le dessin et la peinture est un art différent de la photographie ou de la vidéo mais qui peut être combinatoire par exemple pour les story board avant de réalisé un film, une mise en scène ou autre.
    D’ailleurs comme la musique qui peut amplifié et amélioré l’ambiance d’une vidéo, la musique qui est un art qui n’a pas forcément besoin d’images pour être apprécier.
    En plus qui voudrait un tableau avec un taureau ayant les couilles à la place de la tête et des yeux à la place des mains, faut vraiment avoir une très mauvaise notion de l’harmonie et donc de la beauté.
    Sinon pour les canulars de Skyman, au moins il nous a jamais fait croire que c’était du sérieux, pas comme l’art contemporain.

  • Lecteur

    Soyez plus honnête, « Caboula », car les canulars de « Skyman » dénotent une maîtrise de l’improvisation dramatique (et comique) et du jeu théâtral émotionnel qui est très loin d’être « à chier ».

  • Anastasia

    Excellent article qui met particulièrement l’accent sur le manque d’apprentissage et sur la médiocrité des oeuvres de Picasso. Ce dernier, a fait table rase de tout ce qui a fait la noblesse, la richesse et la grandeur de l’Art.Il est vrai que la laideur a envahi tout notre environnement, c’est même sa recherche systématique qui propulse des « artistes »…..
    Depuis pas mal d’années il y a une véritable ostentation du laid ,du crasseux, de la vulgarité et in fine du manque de talent.
    Tout au long du XX° siècle, les médias,l’intelligentsia et la bêtise ont fait la promotion d’innombrables écoles: le dadaïsme,le néo-dadaïsme, le nouveau réalisme , l’art pauvre,etc, etc…
    Picasso à ses débuts a été critiqué, voire même rejeté et pourtant il n’a pas tardé à devenir une des personnalités les plus en vue du siècle dernier.Picasso dessinait mal mais était un financier de génie ,il a édifié toute sa fortune en choquant doublement le bourgeois français qu’il méprisait et haïssait.D’une part, il exhibait un communisme très anticonformiste et d’autre part il se foutait de ces bourgeois par des horreurs et des mystifications provocatrices….. » Les deux yeux du même côté du nez…… »
    Et cette mystification provocatrice s’est développée à une échelle inimaginable.G.Matthieu évoque les boîtes de conserves, les boîtes de bière, les vignettes, les pneus de tel ou tel « artiste »…….jusqu’à la promotion des excréments que l’on hisse au niveau d’ oeuvres d’art …….cette tentative d’en faire des oeuvres d’art révèle, au delà du seul parti pris d’enlaidissement, l’intention forcenée d’éradiquer toutes les valeurs sans exception, en s’efforçant de hisser à la première place les objets les plus abjects.C’est ainsi, que par ces promotions scandaleuses faites par ces anti-artistes de l’anti-culture, on s’efforce de réaliser cet état de zombie.

  • C

    Le problème de l’art contemporain, pour résumer, c’est l’absence de critère.

  • caboula

    @AD et Lecteur
    Oui, ok, en ce qui concerne Skyman, je vous concède volontiers vos arguments respectifs.

    @AD
    Dans le temps, beaucoup de peintres ne subsistaient quasiment que grace aux portraits, réalistes ou du moins dans des styles classiques, qu’ils réalisaient sur commande pour des maîtres de maisons qui souhaitaient inscrire leur image dans la tradition et la demeure familiales … Bien sur, les motifs mythologiques, les figures historiques et les natures mortes étaient aussi au rendez-vous.
    Ce que j’ai voulu dire, c’est que, même si elle existe encore, cette coutume s’est perdue avec l’industrialisation et la modernisation des sociétés, le progrès ayant certes aporté des choses, mais au prix de plans entiers de la société classique et de son esthétique (pas toujours toujours un gage de bon goût, soit dit en passant). L’apparition, puis le développement de la photographie (progressif, jusqu’à atteindre son paroxisme à l’ère du numérique) a bien sûr eu un impact important dans les arts plastiques, en marquant la naissance des arts graphiques et de l’industrie qui l’accompagne. Mais l’amélioration des techniques d’impression joue aussi un rôle important dans cette histoire. Avant, les tapisseries étaient artisanales, et en avaient ceux qui pouvaient se le permettre, le progrès a apporté la tapisserie pour tous, prétendant démocratiser l’esthétique, diffusant en fait bien souvent le plus mauvais goût.
    Et ne vous méprenez pas, comme je l’ai dit je n’aime pas particulièrement Picasso, et encore moins l’« art contemporain » en général, c’est bien évidemment plus proche de l’industrie graphique ou de la décoration d’intérieur que des arts plastiques. Même principe et même constat pour la musique. Mais ce que je crois c’est que Picasso n’est pas le père de ce phénomène, mais bien plutôt l’un de ses premiers rejetons (et pas des pires, selon moi, dans le sens ou plus ça va plus on avance vers le grand n’importe quoi et que Dali sus cité est je crois assez mal placé pour s’en prendre à Picasso), c’est une conséquence, pas une cause ; un artiste, peut-être pas spécialement brillant, mais qui a brillament su s’adapter à l’ère du temps, a su renifler la médiocrité renaissante et adapter son métier au marché.
    Ce qu’il y a, c’est qu’on a toujours cette vision romantique de l’artiste qui n’agit que par recherche d’esthétique pure, mais la réalité, même à des époques plus classiques, sont souvent soumis au réalités de la vie et la nécessité de subsistance faisaient déjà d’eux plus souvent des artisans que des artistes. Avec la société industrielle, l’artisanat a été chamboulé et les domaines les plus artistiques n’ont pas été épargnés.
    C’est ce que je voulais dire, en somme.

  • AD

    @caboula

    Je suis déjà beaucoup plus d’accord avec vous.

  • Thierry

    Y en a un autre dans le même style: Francis Bacon.
    En plus de faire l’apologie de la laideur, avec lui c’est carrément l’apologie du sordide, l’exorcisme des pulsions inavouables.
    Je vénère grandement l’art, mais il faut constater qu’il y a chez beaucoup d’artistes une forme de nombrilisme, ils utilisent leur art comme exutoire de leur esprit détraqué…. et bien entendu, en se faisant passer pour « universels ».

  • Thierry

    Une chose qui n’a pas été précisée dans l’article et que je pense vaut le coup d’en parler, c’est la réaction stupéfaite de bien des gens , quand on critique oeuvre ou un artiste, parce que « c’est pas bien de ne pas aimer ça  » ou bien « c’est trop connu pour ne pas être aimé », etc. Ce que dit le dénommé « A-D » est très juste: pour quelle raison serait-il interdit ne ne pas aimer Picasso? ou en musique, pourquoi passe-ton pour un muffle si on n’aime pas Mozart, ou les Rolling-Stones? Cette attitude m’est personnellement insupportable. Comme si, pour bien passer en société, il fallait obligatoirement aimer tel ou tel artiste. Il y a des artistes qui se sont tellement drapé de prestige qu’ils deviennent « intouchables » dans l’opinion publique, ce qui démontre bien qu’ ils ont voulu faire passer leur publicité avant la qualité intrinsèque de leurs oeuvres ! Personnellement j’ai déjà eu affaire à des gens qui m’en voulaient presque de ne pas aimer les Stones.. . Et alors? l’art est avant tout une affaire de goût et de subjectivité, ne l’oublions pas !

  • AD

    @Thierry

    Oui le manque d’universalité est un vrais problème dans l’art aujourd’hui.
    Mais aussi la durée de l’oeuvre dans l’espace et le temps, les œuvres dites contemporaine sont gravement éphémère.
    Un monument comme le Parthénon garde toujours autant de splendeur même sa pierre étant dégradé et fissuré avec le temps.

  • Anastasia

    Ayons toujours à l’esprit que le « politiquement correct » présente une caractéristique essentielle: un rejet catégorique et sans appel du passé.Concomitamment et dans la pure tradition soixante-huitarde, il combat toute velléité d’éveiller le goût de l’effort.
    Or, dans la mesure où l’objectif essentiel du politiquement correct se trouve dans la destruction de la société ( haine du patrimoine historique, littéraire, artistique etc…) il était inéluctable que cette idéologie se dressât contre le Maître, contre la tradition….entraînant la décadence de l’Art pour ne pas dire la dégénérescence de l’Art………fin des canons, fin des hiérarchies, fin de l’apprentissage etc…..
    Cette haine du passé entraîne ipso facto l’exécration de la beauté , beauté vénérée jusqu’à l’aube du XX° siècle.Cette vénération de la beauté a été balayée au profit de la recherche de la laideur qui a envahi toute notre existence.En effet, particulièrement depuis 1968, il y a une véritable ostentation du débraillé,du crasseux, du vulgaire, du dépenaillé etc….La laideur triomphe partout.Cette laideur a pour but de déraciner les individus.Les hommes marqués par ce monde sans BEAUTE ne pourront guère apprécier leur passé et ils n’apprécieront plus le monde où ils vivent entraînant l’isolement et la désolation.
    Ce qui est vrai pour la peinture est aussi vrai pour la musique qui bénéficie également d’une considération malgré sa nocivité et sa perversité.Et si vous dénoncez ces musiques vous êtes affublé d’une étiquette qui nous renvoie aux HLPSDNH…..La musique actuelle est aux antipodes des qualités d’harmonie et de mélodie qui ont été recherchées et cultivées depuis toujours.Le but étant de transformer la personne humaine en bête capable de commettre les pires abjections, en effet, la pensée s’abîme dans une grégarité agissant sur le corps et les esprits entraînant des pulsions primitives et barbares.C’est le retour de l’homme à la médiocrité culturelle et à l’animalité.
    Ainsi donc,les « arts » actuels sont la forme la plus extrême du politiquement correct d’où sort un zombie hébété, sans ancrage dans le passé et sans espoir dans l’avenir.

  • Thierry

    Je suis entièrement d’accord avec A-D et Anastasia. Et j’ajouterais une chose: On a beau dire « ouais, tu sais, les goûts et le couleurs… ». Si cette phrase est est partiellement vraie, elle a aussi un coté erronée, car:
    1) Elle permet de tout relativiser, et ainsi d’empêcher les gens de prendre parti en affirmant « J’aime » ou « J’aime pas » (le fameux « tout est égal, tout se vaut), ce qui est faux !
    2) Je suis désolé mais qu’on le veuille ou non, il y a quand même un instinct chez l’être humain permettant de distinguer le beau du laid, de manière universelle, au-delà de toute subjectivité. Ce n’est pas un hasard si devant une bouse, 99% des gens sont révulsés et 1% trouvent ça « beau »! Et c’est toujours l’admirateur de la « bouse » qui reprochera aux 99% autres de « ne rien comprendre à l’art »….comme par hasard ! Les goûts et les couleurs, OK, mais le goût de chiotte, ça existe aussi !

  • solinvictus

    Mais comment se fait-il qu’un homme comme Jean Cocteau ait pu apprécier Pablo Picasso ?

    • Guillaume Faye

      Il est possible que Jean Cocteau eut été amoureux de Pablo Picasso.