Syriza : une tragédie grecque

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sirisza communismeLe parti néo-marxiste Syriza va donc gouverner la Grèce avec à sa tête l’apparatchik inexpérimenté Alexis Tsipras, totalement ignorant des mécanismes économiques de base. Il veut ”renégocier la dette”, c’est-à-dire en faire annuler une partie, baisser les taux et faire reculer les échéances et, surtout, stopper la politique draconienne d’austérité (inévitable) qui avait diminué les salaires et les pensions, en relançant les dépenses. Mais il n’a pas le premier sou pour une telle politique délirante et démagogique. Il pratique l’invocation et la croyance aux miracles, sur fond de déni de réalité. Les conséquences sont inévitables : l’effondrement.

Les Grecs entre irresponsabilité et mendicité

La dette abyssale, en croissance constante malgré l’austérité draconienne, est de 320 milliards d’euros (177% du PIB, contre déjà 100% pour la France) avec, circonstance aggravante, un PIB qui a baissé  de 25% depuis le début de la crise. Contrairement aux rabâchages de la vulgate socialiste entendus partout, cette dette n’est pas détenue en majorité par les méchants créanciers ”spéculateurs” des diaboliques ”marchés”. Depuis mars 2012, ils ne sont plus les principaux créanciers de la Grèce. Le secteur privé avait octroyé à l’époque une remise de dette de 107 milliards au gouvernement grec, un cadeau record dans toute l’histoire de la finance internationale. Désormais, les créanciers privés refusent de prêter, ils n’ont plus confiance. Non, les créanciers de la Grèce, ce sont, à 70%, les contribuables européens, vous et moi, pas les affreux capitalistes : par l’intermédiaire de la BCE, du FMI et des États membres qui ont déjà gentiment accordé à ce pays des reports d’échéance et de nouveaux prêts à maintes reprises.

Si la Grèce faisait défaut, l’ardoise pour le contribuable français serait de 40 milliards d’euros et bien plus pour le contribuable allemand. La Grèce s’est mise en faillite toute seule et l’UE n’y est pour rien. Syriza pose la Grèce en victime alors qu’elle est coupable. Les Grecs feraient bien de relire leurs philosophes antiques qui avaient inventé l’”éthique de la responsabilité” : ne pas attribuer aux autres ses manquements et ses défauts, mais les reconnaître pour se corriger et s’en sortir. Le nouveau pouvoir grec donne une impression amère, celle d’un mélange fade d’irresponsabilité et de mendicité hargneuse.

La Cigale et la Fourmi : les Grecs sont les auteurs de leur panade

La situation dramatique de la Grèce, qui a amené les néo-marxistes (gauchistes) de Syriza au pouvoir est le résultat direct de plusieurs décennies de gestion collectiviste et socialiste du pays, selon le syndrome : j’emprunte, je dépense et je redistribue sans produire. Ce qui est extraordinaire, c’est que, par une sorte d’homéopathie morbide, on essaie de guérir le mal par le mal. C’est le socialisme collectiviste – au sens large – qui a amené la Grèce au bord du gouffre et du paupérisme ; eh bien, c’est par encore plus de socialisme que Syriza prétend sauver le pays ! L’ennemi absolu étant le ”libéralisme”, comme le dentiste est l’ennemi de l’édenté douillet. C’est un refrain connu qui s’applique à d’autres domaines : en France, on veut soigner l’échec massif de l’immigration par encore plus d’immigration, la catastrophe de l’islamisation par la lutte contre l’”islamophobie”. Etc.

Les Grecs sont, toutes classes confondues, population, oligarques et classe politique, entièrement responsables de ce qui leur arrive. Mais par un réflexe d’irresponsabilité, on rejette la faute sur les autres : les Allemands, l’”ultra-libéralisme”, l’Union européenne, etc. En réalité, depuis des décennies, les gouvernements grecs, Pasok (socialistes) ou Nea Demokratia (droite) ont pratiqué une politique clientéliste et collectiviste, avec les ingrédients suivants : embauches massives de fonctionnaires, redistributions sociales excessives, fraudes fiscales générales (dans toutes les classes sociales) et tolérées. La Grèce a vécu, jusqu’à la crise de 2008, très largement au dessus de ses moyens, empruntant pour s’assurer un niveau de vie artificiel plutôt que de compter sur l’enrichissement par le travail et par l’épargne. On est loin de la mentalité de l’Europe du Nord…C’est très exactement la reproduction de la fable de La Fontaine La Cigale et la Fourmi : un moment  arrive où l’on siffle la fin de la récré et où il faut accepter de s’appauvrir pour remettre les pendules à l’heure.

On peut évoquer un ménage qui a vécu au dessus de ses moyens en s’endettant sans travailler assez, pour payer ses dépenses de consommation et non d’investissement. Un moment arrive où 1) il faut rembourser ; 2) même si la dette est partiellement annulée, il n’y aura plus d’autres prêts ; 3) il faut se remettre au travail en acceptant une baisse drastique du niveau de vie. En ce sens, l’austérité et la paupérisation provisoire (cas aussi du Portugal et de l’Espagne, ou les gauchistes démagogues de Podemos risquent aussi d’arriver au pouvoir) ne sont pas des ”injustices ”, mais des nécessités absolues. Il est logique de tirer le diable par la queue et d’essayer de se réenrichir quand on a vécu au dessus de ses moyens et de ses recettes en faisant appel à des créanciers. N’oublions pas que la Grèce a truqué ses comptes publics pour entrer dans la zone euro, où elle n’avait absolument pas sa place. Elle a essayé de vivre au crochet des ses partenaires. On ne doit pas pleurer sur son sort.

Les amoureux désopilants de Syriza en France

Refuser de rembourser les dettes, comme le suggèrent Mélechon et une grande partie de la gauche néo-marxiste ignorante et de bien d’autres qu’elle influence, s’apparente tout d’abord à du vol pur et simple. Car, ce que savent pas ces amateurs, c’est que ce ne seront pas, en cas de défaut, les gros financiers internationaux qui seront lésés, mais les petits épargnants et les contribuables ! En effet, les créanciers de la Grèce et d’autres pays endettés sont –même à travers les banques et les prêts institutionnels – d’abord des déposants modestes et des assujettis fiscaux. D’autre part, faire défaut sur une dette, après avoir tout de même empoché et dépensé l’argent prêté, ce n’est pas seulement immoral (escroquerie), c’est aussi casser la confiance dans le crédit et donc saper le fondement même de la prospérité économique.

Outre les dinosaures Mélenchon (PG), Pierre Laurent (PC), Cambadélis, Benoît Hamon, Julien Dray (PS), une partie de la droite approuve ou comprend le choix des Grecs pour Syriza (FN, Henri Guaino (UMP), etc. ) Cette unanimité révèle, ce qui est un mal français profond, à la fois un déni de réalité et une méconnaissance profonde du fonctionnement de l’économie. Ni le ”libéralisme” ni l’Union européenne ne sont responsables de quoi que ce soit dans la situation grecque.  Cette dernière est le strict résultat d’une logique comptable : il est impossible de dépenser plus qu’on ne gagne et d’emprunter plus qu’on ne peut rembourser .

Jean-Marie Le Pen a déclaré, d’accord avec sa fille, pour une fois , en parlant de Syriza: «  nous ne sommes pas d’accord avec tout leur programme, notamment sur le plan de l’immigration, mais nous nous réjouirons de leur victoire ». Cette analyse est d’une affligeante superficialité et sonne comme une sorte de soumission inutile au gauchisme. Car la victoire de Syriza n’en est pas une, c’est une impasse qui va se terminer par un crash car l’idéologie ne peut pas modifier le réel et le rêve n’est pas la réalité. Mais on ne réfléchit  pas, on préfère les formules.

Ce n’est pas l’Union européenne qui est responsable de la faillite de la Grèce, ou plutôt si, c’est elle. Elle a été trop socialiste et pas assez libérale : elle n’aurait  dû ne pas lui prêter un sou. La Grèce se serait (peut-être) responsabilisée. En tant que citoyen français qui travaille dans le privé, je trouve scandaleux d’être ponctionné d’un centime pour régler les salaires de fonctionnaires grecs inutiles. La solidarité a des limites.

Un tissu de contradictions

Ce qu’on peut reprocher à l’Union européenne, au contraire de tout ce qui se dit, c’est d’avoir été trop laxiste avec la Grèce, d’avoir essayé de la sauver et de lui prêter encore et encore. Normalement, l’UE aurait laisser la Grèce irresponsable emprunter sur les marchés internationaux. Ce qui aurait peut-être responsabilisé ce pays peu sérieux. Les prêts publics à la Grèce relèvent d’une logique étatique qui n’a rien de ”libéral. La politique d’austérité imposée était le minimum qu’on pût exiger. Certes, cette austérité a des conséquences sociales dévastatrices, insupportables, ”injustes”, appauvrissantes, mais il n’y a pas le choix. Le principe de responsabilité implique de payer la facture de ses options. En réalité Syriza (comme toute l’idéologie ”antilibérale”) en appelle à la charité, à la mendicité (annulez les dettes ! continuez de nous prêter !) . 240 milliards d’euros ont été prêtés à la Grèce depuis 2010.  Pas par les affreux ”marchés” mais par les contribuables européens, à 70% ! Sans l’UE, la Grèce irresponsable n’aurait pas touché un kopeck et aurait été obligée de se débrouiller toute seule et de se mettre au travail en réformant son État et sa société collectivistes et clientélistes. Il est plus confortable de se victimiser et d’accuser l’hôpital de sa propre maladie. La Grèce ressemble à un alcoolique en état de manque et d’addiction qui se révolte contre son médecin qui prescrit d’arrêter voire même de réduire les doses.

Ce qui est complètement contradictoire, c’est que les ”souverainistes” européens, français et grecs compris, demandent une solidarité avec la Grèce pour annuler sa dette. Chacun n’est-il pas libre chez soi ? Pourquoi les Grecs ne se débrouilleraient-ils pas, puisqu’ils sont si géniaux ? Des souverainistes qui demandent l’aide internationale, des ”antilibéraux” qui demandent des dons des affreux marchés et des annulations de dettes ? Ça sonne mal.

Bien sûr, 43% des Grecs sont sous le seuil de pauvreté, 58% des jeunes sont au chômage ou en emploi précaire, le niveau de vie chute, la précarité explose, le système hospitalier se délite, la Grèce devient un pays pauvre. Mais la responsabilité en incombe aux Grecs et aux Grecs seuls. Pas aux Allemands ni à l’UE ni à l’”ultralibéralisme”. Qu’ils aient au moins l’honneur de le reconnaître s’ils ne se veulent pas un ”peuple chochard”. Un peuple qui se veut fier doit s’imputer à lui-même ses maux, pas aux autres. Les Grecs devraient s’inspirer de leurs  ancêtres et relire Thucydide. Il enseignait qu’un peuple est responsable de lui-même  et ne doit pas se plaindre des autres.

Le faux combat contre l’”austérité”.

Le ”refus de l’austérité”, partagé en Grèce et en France par la gauche socialiste et la droite souverainiste, antienne partout répétée, est un dogme de myope, car on ne peut pas refuser l’austérité quand on est endetté sans être capable de se désendetter. Et surtout quand on vit dans une économie collectiviste qui ne crée pas de richesses privées et qui vit de l’assistance des partenaires européens. Les Grecs se sont mis en faillite tous seuls.

Le programme délirant de Syriza va droit dans le mur : relever le salaire minimum, électricité gratuite pour les plus démunis, nouvelle embauche de 300.000 fonctionnaires ( !) censée relever le pouvoir d’achat et faire baisser le chômage, etc. Soit 12 milliards d’euros à dépenser de nouveau. Cette potion marxiste (et magique), déconnectée de l’économie réelle, va encore aggraver le mal. Et, de toutes façons, elle ne pourra pas être financée, car l’argent n’existe plus, personne ne voudra ou ne pourra plus payer. Alexis Tsipras non seulement sera incapable de rembourser les échéances de la dette mais son programme, qui suppose de nouvelles énormes dépenses,  est de la folie furieuse démagogique. L’impasse est totale.

Le futur plan d’aide à la Grèce (payé par les partenaires européens, pas par les ”marchés”) est de  130 milliards d’euros, avec un besoin de financement (de prêts) de 20 milliards d’ici la fin 2015. Fin mars, la Grèce sera en cessation de paiement. Cela n’incombe pas à l’”austérité” mais au retour de boomerang sur une économie collectiviste, improductive et surendettée. Ça ne me fait pas larmoyer. L’Irlande a connu l’”austérité”, mais elle s’en tire, car son modèle de société et d’économie est beaucoup plus entreprenante et  dynamique.

Le contre-exemple de l’économie grecque  

L’économie grecque souffre de son socialisme collectiviste improductif. Seul le tourisme est un secteur porteur, mais très insuffisant.  Par manque de confiance dans l’État, le faible secteur privé – seul créateur réel de richesses et d’emploi –  investit peu dans l’économie et place ses avoirs à l’étranger. Depuis le début de la crise, 7 milliards d’euros ont fui le pays. L’économie grecque (qui n’a jamais été celle d’un pays ”développé”, sauf par artifice passager entre 1985 et 2008) est beaucoup trop dépendante des commandes publiques qui, à leur tour, ne reposent pas sur les recettes d’un secteur privé dynamique ni sur les exportations, mais sur l’assistanat et l’endettement extérieur. La faiblesse de l’investissement privé, l’absence d’une culture entrepreneuriale, l’étatisme sclérosant va de pair (paradoxe !) avec l’incivisme de fraudes fiscales massives dans toutes les classes sociales. L’échec de la Grèce est le modèle de l’échec du système d’économie socialiste et fonctionnarisée, paresseuse et assistée. Et ces aveugles veulent se guérir avec encore plus de socialisme, d’assistanat et de fonctionnarisation !

On raconte que les immenses prêts des Européens aux Grecs sont allés  dans la poche des banques et que les citoyens n’en ont pas bénéficié. Faux. Ils sont été consacrés au début de remboursement du tonneau des danaïdes de la dette. Les Grecs paient aujourd’hui, mécaniquement, leur richesse artificielle du temps où ils empruntaient sans souci. Paradoxalement,  leur entrée dans l’UE et dans l’euro leur a rendu un très mauvais service çar ils ont été déresponsabilisés, confortés dans leur insouciance.

L’Irlande a vécu une sortie de crise spectaculaire grâce à cette abominable ”austérité”. Mais il faut dire que l’Irlande pratique un système économique autrement plus dynamique, travailleur et efficace que la Grèce.  L’Allemagne, la Grande Bretagne ont imposé jusqu’au bout des politiques d’austérité, ou plutôt de rigueur, qui ont parfaitement porté leurs fruits, tout comme le Canada et la Nouvelle-Zélande. Antonis Samaras, l’ancien Premier ministre, en imposant cette austérité, malgré tous les sacrifices que l’on sait, commençait à obtenir de bons résultats en terme de désendettement primaire (hors dette), soit + 5 milliards d’excédent, et de croissance (PIB en hausse de 1,6%, un record après des années de récession). Malheureusement, pusillanime et sans sagesse, le peuple grec a imposé le démagogue néo-marxiste Tsipras.  Il va droit dans le mur ; il fait croire aux miracles et n’imposera rien à personne, comme tout vendeur de mirages. Pays aux poches percées, la Grèce va de nouveau créer des emplois artificiels de fonctionnaires. Qui va les payer ? Avec des coquillages ?  Tsipras est dans une impasse tragique. Au delà de l’euphorie infantile de la victoire électorale, le retour au réel,  va s’imposer., dans la douleur.

L’expérience grecque est condamnée d’avance

Les imprécations des ignorants et des idéologues (c’est la faute aux banquiers, à l’ultra-libéralisme, à  l’Union européenne !) ne changeront rien à la rigueur des faits. L’économie réelle et prospère repose, outre sur la confiance, sur l’effort, le travail, l’innovation, la recherche, le risque des entrepreneurs et des investisseurs, le légitime désir de s’enrichir par la création, un État maigre mais fort qui ponctionne peu mais qui oriente sans s’endetter ; l’économie irréelle et pauvre repose sur une administration pléthorique et inefficace de clientèles et de corporations, sur un système de ponctions fiscales qui fait fuir l’épargne et l’investissement ; sur l’assistanat et le système crypto-communiste de ”répartition” ; sur l’endettement systématique et donc sur la mendicité publique envers les créanciers internationaux.  On peut redouter une parenté entre la France et la Grèce,  toutes deux polluées par la même idéologie…

L’avenir de la Grèce est malheureusement très simple : la dette ne sera jamais remboursée et de nouveaux prêts deviennent impossibles. Les promesses démagogiques ne pourront pas être tenues dans une économie à faible créativité qui est structurellement déficitaire et qui dépend du bon vouloir de l’étranger (touristes et créanciers). C’est tout le paradoxe ridicule d’un pays où les ”souverainistes” aboient contre les créanciers étrangers qui les maintiennent le bec hors de l’eau.

C’est pourquoi l’hypothèse du ”Grexit” – sortie de l’euro voire de l’UE – n’est pas à exclure. Avec fanfaronnade, c’est ce que voulait d’abord Tsipras. Il s’est ravisé, car il veut continuer à être subventionné. Attitude hypocrite et malhonnête. Le meilleur service à rendre à la Grèce, c’est de ne plus lui prêter un centime. Afin de la responsabiliser et de la mettre au travail.

Le look jeune et branché de M. Tsipras fait naître d’énormes illusions. Ce petit politicien manoeuvrier est un nul incompétent, un bateleur d’AG gauchiste. Sous des dehors de modernité, il représente le vieux marxisme du XIXe siècle.  Il ne comprend pas plus les mécanismes de l’économie que ceux de la démographie. Syriza va tomber en plein vol, faute de carburant. Ce sera une bonne chose.

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